DEPUIS JANVIER 2010 ISLAM 44 : « Voici la Religion, Livre par Sayed Qotb » (2/3) - Jésuites/Juifs noachides, Illuminati, Franc-maçons, Satanisme
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 22:19

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

ISLAM 44 :

« Voici la Religion, Livre par Sayed Qotb »

(2/3)

 L'Islam contre le nouvel ordre mondial

---------o ISLAM PRIME NATURE DE L’HOMME ET BON CONSEIL o---------

2ème partie

 

 

C’est une voie aisée

On peut dire maintenant :

- « Mais l’humanité ne serait supporter longtemps cette voie transcendante et unique dans son genre.

Ceux qui l’ont réalisé sur terre à une certaine période de l’histoire s’en sont libérés et l’humanité s’est ensuite dirigée vers d’autres voies qui n’atteignent pas ce niveau de la transcendance mais qui n’imposent pas à l’humanité cet effort épuisant ! »

A première vue, ces paroles peuvent sembler vraies. Plusieurs hommes de lettres ont  beaucoup tenu à inculquer cette idée dans les esprits et à suggérer que cette voie n’est ni pratique ni réaliste. La nature humaine ne serait la supporter longtemps. Ce n’est qu’un appel « idéaliste » vers un horizon impossible ! En essayant d’inculquer cette idée, ils avaient une visée insidieuse : semer le désespoir en la possibilité de reprendre la vie de nouveau à l’ombre de cette voie. Annihiler les efforts dépensés en vue de ramener l’humanité à cette voie rectiligne.

Ces saboteurs trouvèrent une riche matière dans la guerre civile qui commença avec l’assassinat de ’Othman (Que Dieu l’agrée) dans ce qui s’en suivi comme discorde entre ‘Ali (Que ennoblisse son visage) et Mu’awiya dans les désaccords et les événements qui suivirent.

Ils ont trouvé une abondante matière dans cette guerre civile. Ils ont trouvé de ce qu’on en a rapporté à tort ou à raison une occasion propice pour essayer d’inculquer cette idées des fois pour l’allusion, des fois par la déclaration explicite, selon les circonstances.

Ils ont été aidés en cette œuvre insidieuse, involontairement en toute bonne foi, par un groupe de gens loyaux qui ont souffert de voir cette guerre civile se mettre en travers de la route ascendante de la marée islamique dans cette période exceptionnelle de l’histoire. Ils ont souffert de voir les gens fausser l’image de la politique administrative par rapport à celle qu’elle avait au temps du Prophète (bénédiction et salut de Dieu sur lui) et au temps de ses deux glorieux successeurs. Ils ont souffert de voir certains égarements dans le comportement de certains princes. C’est à la suite de cette épreuve épuisante par leurs sentiments qu’ils pensèrent que toute la marche de cette marée montante de l’islam s’est arrêtée après la courte période du Califat. Ils appellent les gens à cette théorie dans l’ardeur de leur dévouement à l’Islam, dans leur nostalgie de ce sommet de la transcendance ! Et dans leur enthousiasme pour l’image claire et unique dans son genre.

Tout cela nécessite de réviser notre jugement, de lui donner plus d’acuité (intensité), de tenir compte des facteurs humains tout en tenant compte de la nature de cette religion, de la nature de sa voie concernant la manière de guider les pas de l’humanité dans la longueur des temps et à travers la diversité des milieux sociaux et des circonstances diverses.

Disons pour commencer qu’il est faux d’affirmer que cette voie divine fait supporter à l’humanité une charge au-delà de ses forces et qu’elle ne serait endurer longtemps. C’est enfaite une voie transcendante, mais c’est en même temps une voie en accord avec la saine nature.

Elle s’appuie sur le capital de cette saine nature et elle dépense à partir de ce capital en puissance.

Sa caractéristique est qu’elle connaît dès la première seconde son chemin vers ce capital. Elle connaît son chemin vers l’âme humaine dès le premier contact. Elle en connaît les sentiers et les méandres et elle y pénètre avec douceur. Elle connaît les entrées et les sorties et elle y entre en toute rectitude. Elle en connaît la force et les possibilités et elle ne les dépasse jamais. Elle en connaît les besoins et les espoirs et elle les remplit totalement. Elle en connaît le potentiel d’énergie authentique et elle le déclenche en vue du travail constructif…

Malgré sa transcendance, sa propreté, son élévation, sa grandeur, cette voie reste comme une voie pour « l’homme ». Pour cet homme qui vit à la surface de cette terre. Un ordre qui prend en considération la nature de cet homme avec toutes les composantes, toutes les caractéristiques de sa création et de sa composition avec tout ce qui en découle.

Quand l’âme suit le droit chemin de propre nature, quand elle répond à ses besoins, à ses espérances, quand elle déclenche son potentiel d’énergie en vue du travail constructif, elle court avec la vie en toute aisance et bonne volonté et elle suit la ligne ascendante de la nature vers la sommité transcendante tout en ressentant dans la ligne de sa longue marche la quiétude, le bien-être, la sécurité et la confiance.

Parmi ceux qui doutent ou font douter les autres de la possibilité de réaliser cette voie, il en est qui sont effrayés par le côté « moral » de cette voie, par l’implantation de l’élément moral dans sa constitution. Ils sont effarés par les obligations conséquentes à ce côté « moral ». Ils se les représentent comme des chaînes et des freins s’opposant à l’élan de l’homme vers ses espérances et entravant les impulsions de sa nature et de ses espoirs.

Cela est une chose purement imaginaire due à leur incompréhension de la nature de cette religion.

L’éthique de l’Islam ne représente pas uniquement un ensemble de chaînes, de freins et de limites correctives. Pas du tout ! Elle est dans son fond une force constructive. Un élan propulseur vers l’évolution continue, un élan vers la mobilité et une façon de se réaliser soi-même dans cette mobilité, mais dans un processus propre.

L’action et la possibilité sont une image morale dans cette voie, tandis que l’inaction et la négativité y sont une image immorale, car elle s’oppose à la finalité de l’existence humaine telle que la représente l’Islam, et qui est la lieutenance sur terre, l’utilisation de tout ce que Dieu a soumis à l’homme comme force et énergie en vue de la mise en valeur de la construction.

Le combat en vue de réaliser le bien et la lutte qu’on mène contre le mal sont une image morale où se déclenchent les énergies inhérentes à l’être humain, tandis que l’Islam les considère comme un acte d’obéissance à Dieu où se concrétisent l’élément moral sous sa plus belle image.

Même lorsque nous considérons les images morales qui semblent en apparence comme des chaînes et des freins, nous les trouvons de l’autre côté comme des images de l’essor, de la libération et du mouvement.

Prenons à titre d’exemple l’image de refreiner les élans de l’âme vers les désirs sexuels prohibés, elle nous semble en apparence comme une inhibition et un refoulement. Alors qu’en réalité elle représente notre libération de l’esclavage de nos désirs, notre détachement de leurs chaînes, la victoire de la volonté humaine qui devient à même de choisir l’endroit convenable à ses désirs, dans les limites de la propreté que nous assure l’Islam et dans la limite des bonnes choses que Dieu nous a permises.

Prenons une autre image de cette éthique musulmane : celle de l’altruisme. Elle peut paraître comme une charge excessive et un empêchement de jouir de ce qu’on possède pour le donner à quelqu’un d’autre. Mais elle est au fond une évasion de l’avarice, une victoire sur la goinfrerie, un élargissement de notre sentiment du bien commun qui ne se limite pas au cadre du moi. C’est en réalité une évasion, une libération et un essor. Nous ne pouvons continuer à multiplier les exemples de ce genre et nous nous contentons de cette allusion pour comprendre le vrai sens des « liens » de la morale dans la voie islamique.

L’Islam considère les péchés et les actes vils comme des liens et des chaînes qui entravent l’âme humaine, l’appesantissent et la font descendre dans la boue.

Il considère le fait de quitter les bas-fonds, des penchants rétrogrades comme une libération et un décollage et toute son éthique est basée sur ces principes.

Car il considère que la prédisposition au bien est le caractère originel de la nature humaine.

« L’homme a été crée en effet dans la meilleure rectitude » et il ne tombe au plus bas niveau que lorsqu’il se laisse aller à une voie autre que celle de Dieu :

« Nous avons crée l’homme dans la meilleure rectitude, puis nous l’avons remis au plus bas niveau, sauf ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres »

Il s’en suit que la voie qui est en harmonie avec la saine nature est celle qui aide l’homme à s’évader des liens qui viennent se superposer à sa nature et à se libérer de la captivité des désirs qui l’enchaînent.

L’Islam tient à commander la société humaine et à la dominer pour y faire naître des états et des situations capables de détacher les individus des anomalies étrangères à la saine nature et à permettre aux forces bienfaisantes et constructives de la saine nature de reparaitre de se libérer et de vaincre. Ces états et ces situations effacent les obstacles qui se mettent entre la nature de l’homme et son essor vers le bien qui lui est inhérent.

Ceux qui pensent que l’éthique de l’islam est en fait un lourd fardeau pour l’humanité qui l’empêche de se réaliser dans leur vie, ne puisent ce sentiment que des souffrances qu’endure le Musulman en tant qu’individu lorsqu’il vit dans une société ou l’Islam n’est pas prédominant. Quand les choses sont ainsi, l’Islam devient effectivement avec son éthique un lourd fardeau brisant l’échine des individus qui vivent selon leur islam propre dans une société préislamique et sale. Ce fardeau n’est pas loin de les anéantir.

Cependant ce n’est pas là la situation naturelle que suppose l’Islam quand il impose aux gens son «éthique » supérieure, propre et transcendante.

L’Islam est un ordre réaliste. Donc il suppose que les gens vivent dans une société où prédomine l’Islam. Dans une telle société, le bien, la vertu et la propreté sont ce « bien reconnu comme tel »que reconnaissent et que protègent tous ceux qui veillent aux destinées de cette société, de même que le mal, le vice et la saleté sont ce « mal reconnu comme tel »que pourchassent toutes les forces prédominantes dans cette même société.

Quand les choses atteignent ce degré de rectitude, la voie islamique devient une voie extrêmement aisée et facile ou, pour mieux dire, la difficulté effective ne se trouve plus que dans l’inobservance de cette voie de la part des individus, dans leur tentative de se laisser aller aux courants rétrogrades des désirs et dans les actes malveillants et bas qu’ils commettent.

Car, dans ces conditions, toutes ces forces qui prédominent la société avec en outre celles de la nature saine et droite se contre eux et rendent leur voie aberrante, pénible et mal aisée !

C’est pourquoi l’Islam exige que la prédominance absolue sur la société humaine soit à Dieu et à la voie de Dieu. Il interdit que cette prédominance absolue appartienne à l’une des créatures de Dieu ou à une voie fabriquée par tout autre que Dieu. Il considère une pareille chose comme une négation explicite et une idolâtrie totale. Comme nous l’avons déjà vu dans les préambules du chapitre précédent :

-L’Islam n’a qu’une seule image : réserver à Dieu exalté la divinité, c’est-à-dire réserver à Sa seule voie la prédominance sur la vie humaine, car c’est là, le sens direct et immédiat de l’attestation qu’il n’y a d’autre divinité que Allah comme nous l’avons déjà dit.

Ainsi l’Islam suppose l’existence d’une société islamique à l’ombre de laquelle vit l’individu musulman avec sa religion, avec les mœurs que lui impose cette religion. Car le sentiment de l’Islam vis-à-vis de l’existence toute entière de la finalité de l’existence humaine diffère totalement et par essence de toutes les conceptions faussées de l’obscurantisme antéislamique. Ce sont de telles conceptions que se fabriquent les gens en dehors de la direction de Dieu dans n’importe quel temps et n’importe quel milieu. C’est là une différence primordiale qui n’a aucune chance de croiser le droit chemin. Il est donc nécessaire d’avoir une ambiance spéciale où vit cette conception avec toutes ses valeurs particulières. Il faut au Musulman un milieu autre que le milieu antéislamique. Il lui faut une société autre que la société antéislamique.

Ce milieu vit par la conception islamique et selon la voie qui en ressort. Il jouit de sa respiration naturelle en toute aisance et liberté. Il accomplit son développement propre sans entraves internes retardant ce développement ou luttant contre lui, sans entraves externes le réduisant à zéro ou le dominant totalement.

Dans ce milieu vit l’individu musulman une vie naturelle et reposante car il respire sa respiration naturelle, il trouve des aides dans le bien et il trouve dans cette observance de « l’éthique » islamique un repos affectif et un repos social.

- Sans ce milieu, la vie de cet individu devient impossible ou du moins pénible. C’est pourquoi il faut que celui qui veut être musulman sache qu’il ne peut pratiquer son Islam que dans un milieu musulman où prédomine l’Islam.

Sinon il se fait des idées s’il croit qu’il est capable de réaliser son Islam alors qu’il n’est qu’un individu perdu ou persécuté dans ces sociétés non islamiques.

La voie islamique est aisée si elle vit dans son milieu que voilà. L’Islam suppose que ce milieu est indispensable et toutes ses directives s’appuient sur ces bases.

Ainsi donc il n’est pas juste de dire que cette voie coûte à l’humanité un effort plus pénible que celui qu’elle dépense lorsqu’elle vit à l’ombre des voies obscures de l’antéislamisme.

Ces voies antéislamiques, et ce sont celles que les gens choisissent en dehors de la voie de Dieu dans n’importe quel temps et n’importe quel milieu, portent évidement l’emprunte de l’ignorance humaine, de la faiblesse humaine et de la passion humaine. Elle se cogne ainsi avec la saine nature en partie ou en totalité.

Et c’est pourquoi elles sont la cause du malheur de l’homme dans la mesure où elle contrecarre sa propre nature. Elle se caractérise encore par leurs solutions et leurs partiels aux problèmes humains. Elle en soigne souvent tel côté pour en léser un autre. C’est là le fruit immédiat de la vue imparfaite qui n’embrasse pas tous les côtés en même temps. Chaque fois qu’elles en créent un nouveau résultant du traitement du premier mal, elles en créent un nouveau… et ainsi de suite… comme en témoigne l’étude des changements d’état et des situations crées par les ordres humains, par les voies humaines, tous apparentés à l’obscurantisme antéislamique.

Tout cela coûte certainement à l’humanité des efforts plus pénibles que ceux qu’elle dépense dans la voie parfaite et universelle qui est en harmonie avec la saine nature. Cette voie qui embrasse de sa vue les problèmes de l’homme sous tous leurs angles et leur fournit le traitement médical parfait et universel qui dérive de la vue parfaite et universelle.

Celui qui remonte dans le grand registre des souffrances humaines qui proviennent dans sa longue histoire des voies de l’obscurantisme antéislamique, n’ose pas dire que cette voie divine, avec toutes les charges qu’elle impose et avec son « éthique », exige de l’humanité des efforts que ne lui demandent pas les voies de l’obscurantisme !

Ce qu’il y a de plus commode dans cette voie, alors qu’elle vise en fin de compte le summum de la transcendance, c’est qu’elle ne choisit pas sa route aveuglément et sans en être sûre, c’est qu’elle ne précipite pas sa marche et qu’elle ne brûle pas les étapes. Elle a devant elle tout le temps que ne se limite pas à l’âge d’un seul individu, et que n’éperonne pas la hâte d’arriver d’un être éphémère craignant que la mort prématurée ou la perte des occasions propices ne l’empêchent d’atteindre son but éloigné. C’est ainsi que cela se passe chez les fabricants des doctrines et des voies terrestres parmi les humains éphémères, qui veulent réaliser la chose en toute ignorance et aveuglément dans une seule génération et en piétinant la nature à la marche tranquille afin d’atteindre d’un bond une image brillante qu’ils croient voir sans se résigner à suivre la marche posée, confiante et lucide de la sainte nature.

Sur le chemin de l’erreur qu’ils suivent, éclatent les carnages, coulent les flots de sang, s’effondrent les valeurs morales, s’embrouillent les mesures et, partout, ils s’effondrent eux-mêmes sous les coups des marteaux de la saine nature auxquels ne résistent pas les appareils artificiels et aveugles.

Quant à la voie islamique, elle marche d’un pas léger et doux, toujours selon la saine nature de l’homme, qu’elle dirige au nom de cette nature, qu’elle défend au nom de cette nature et qu’elle vient soutenir quand elle flanche. Mais sans le briser et sans l’épuiser aussi. Elle le traite avec la patience du connaisseur éclairé, confiant dans le but lointain mais de réalisation certaine.

Tout ce qui ne se réalise pas dans le premier round se réalise dans le second, tout ce qui ne se réalise pas dans le second se réalise dans le troisième, ou le dixième ou le centième ou le millième !

Tout ce qu’on nous demande c’est de nous fournir l’effort et de continuer sur la voie ! De même que jaillit l’arbre verdoyant enfonçant ses racines dans les profondeurs de la terre et élançant ses ramures touffues, de même pousse cette voie dans l’âme et dans la vie. Elle se développe lentement et en douceur, dans une atmosphère de confiance et de paix et alors il se produit ce que Dieu veut qu’il se produise.

L’Islam sème ses graines. Il veille à leur sauvegarde. Il les laisse alors se développer de leur développement naturel et calme, confiant dans le but lointain quelque soit la lenteur éventuelle de ce développement, quelques soient les reculs en arrière car cela fait partie de la nature humaine. Il arrive que le champ soit recouvert par les sables, que certaines de ses plantes soient mangées par les vers, qu’elles soient brûlées par la soif, noyées par les flots, atteintes par diverses calamités… Cependant, le cultivateur éclairé sait bien que son champ est appelé à survivre et à pousser et qu’il finira par l’emporter sur tous les fléaux à la longueur du temps. Il ne force pas la nature et il ne perd pas courage. Il n’essaye pas de faire mûrir sa récolte par d’autres moyens que ceux de la nature calme et aisée. Ainsi sa culture se fait constamment dans la facilité et il devient facile d’en supporter les frais.

Et pourtant nous n’avons nul besoin aujourd’hui de parler de toutes les souffrances que causent à l’humanité les violences des voies de l’obscurantisme et de leurs fabricants.

Enfin, il n’est pas juste de dire que cette voie ne peut vivre longtemps comme le prétende certains, poussés par leur esprit malin et tortueux ou animés d’esprit partisan et de jalousie !

L’édifice spirituel, social et politique qui s’est bâti sur les assises de cette voie transcendante et unique en son genre et qui n’a demandé pour se construire qu’un seul siècle, ou plutôt un demi-siècle en réalité, n’a pas cesser pendant plus de mille ans de lutter contre tous les fléaux qui se sont introduits insidieusement, dans ses murs, contre toutes les animosités qui l’ont entouré de toutes parts et contre toutes les attaques sauvages qu’on a déclenché contre lui.

Ces facteurs terrifiants n’ont jamais cessé de l’investir, de l’attaquer et de s’infiltrer dans ses fondations avec acharnement.

Derrière eux se trouvent toutes les forces du monde de l’obscurantisme antéislamique. Elles ne sont parvenues à détruire l’Islam dans ses bases mais, avec le temps, le nombre, la densité, l’acharnement et la continuité, elles ne cessèrent de le ronger petit à petit, de l’éloigner petit à petit de ses sources au point de le couvrir effectivement de nombreuses blessures et de le mettre en très grave danger. Et malgré tout cela, elles ne sont pas arrivés jusqu’à cette minute à dénaturer ses sources théoriques ; et ces sources ne cessent d’être capables de renaître de nouveau dès qu’une génération rénovée les embrasse.

Afin de comprendre cette vérité historique, nous devons regarder un autre édifice bâti sur l’une des voies de l’obscurantisme antéislamique. Il s’agit de l’édifice de l’empire romain. Cet édifice mit plus de mille ans pour se construire puis il s’est écroulé dans pas plus d’un siècle sous les coups des Huns et des Goths.

Il ne se releva plus jamais de sa chute et il n’est resté de ses sources rien qui puisse servir de plateforme à un nouveau réveil !

C’est là la différence essentielle entre la voie de Dieu et les voies de ses créatures.

Oui il y eut dans le temps une période culminante dans l’histoire de toute l’humanité qui ne cesse de dominer sa taille toute l’histoire de l’humanité comme une cime élevée vers laquelle se tendent les cous, se tendent les regards et elle occupait alors sa place éminente.

Certes ce fut une courte période… Mais cette période n’est pas tout le règne de l’Islam. Ce n’est qu’un minaret élevé par Dieu afin que l’humanité ne cesse de tendre ses regards vers lui, essaye aussi de l’atteindre et voit ses espérances se renouveler en vue d’atteindre cette cime culminante. Elle franchit vers elle les marches de l’escalier ascendant et c’est Dieu qui lui prédestine les escaliers, qu’Il lui prédestine et ne cesse de tendre avec toute sa force vers ce minaret qui la guide.

Certes, cette période n’est pas née d’un miracle incapable de se refaire. Elle fut le fruit d’un effort humain dépensé par la première société islamique. Elle est toujours réalisable à condition de fournir le même effort une deuxième fois.

Mais cet effort dépensé par un groupe choisi parmi l’humanité peut bien être le fait de plusieurs générations futures et non celui d’une seule.

Il se peut aussi qu’on réalise cette performance unique dans son genre au cours d’une seule génération par un décret prédestiné de Dieu afin que ce modèle se présente sous une image réaliste qu’on puisse tenter de réaliser et dont on puisse connaître les caractéristiques. On laissera alors à l’humanité et à ses générations successives le soin d’essayer de l’atteindre à nouveau.

La voie n’a pas cessé de remplir son rôle après cette période dans des espaces étendus de la vie des hommes. Elle n’a pas cessé non plus d’agir pendant plusieurs générations sur les conceptions de l’humanité, sur son histoire et sur sa réalité présente.

Elle a laissé derrière elle des traces et des courants dans la vie de toute l’humanité, et ce sont peut-être ces traces et ces courants qui nous laissent aujourd’hui encore un espoir de voir de nouveau l’humanité réussi à tendre de tout son être vers cette même tentative.

 



Une Voie Marquante

Cependant l’influence durable de cette aurore éclatante sur la vie humaine a atteint un degré égal à sa beauté et à sa transcendance, à sa grandeur et à sa perfection.

Elle a laissé dans la réalité humaine une empreinte indélébile de nature à rendre la génération présente de cette humanité actuelle plus digne de cette tentative (après cette élite choisie des premiers pionniers de l’Islam) que la plupart des générations passées, et ce grâce à l’aide des courants qu’elle a déclenché, des sédiments qu’elle a déposé dans les concepts et les valeurs morales, de même que dans les régimes et les situations.

Nous allons essayer dans ce chapitre de grouper des images tirées des effets de cette aurore éclatante et unique dans son genre, non seulement sur l’histoire de la seule nation islamique, mais encore sur celle de toute l’humanité. Nous y respecterons le caractère à la fois exhaustif et concis qu’exige cette étude exhaustive et concise.

Cette période a été capable de former dans la réalité de la vie humaine un grand nombre de personnalités exemplaires où se reflète l’humanité supérieure dans une image qui n’a jamais été précédée et ne sera jamais suivie d’une image pareille. Une image à l’ombre de laquelle apparaissent toutes les personnalités humaines qui ont poussé dans une voie autre que celle-là comme des nains minuscules, ou comme des êtres dont l’existence est restée incomplète, ou de toute façon, comme des êtres à qui manquent l’harmonie et la concordance.

Les personnalités exemplaires créées par cette courte période ne sont nullement quelques unités qui se comptent sur les doigts de la main, mais c’est une foule innombrable qui soulève l’étonnement du chercheur qui se demande comment ce nombre a jaillit à ce niveau d’élévation et de maturité, dans cette période courte et limitée.

Il se trouve incapable d’expliquer sa naissance dans cette large proportion, à ce niveau exceptionnel et dans cette variété des types, tant qu’il n’a pas ramené ce phénomène unique dans son genre à l’actif de cette voie unique aussi dans son genre.

L’essentiel pour nous est de savoir que ces gens où se sont représentés ces gens les types de l’humanité supérieure (les types qui sont resté uniques dans leurs genres alors que les autres types durant les siècles paraissent semblables, à son ombre, à des nains minuscules, ou semblables à des êtres à la formation incomplète). L’essentiel est donc de savoir que ces gens, qui ont réalisé cette voie divine dans leur vie de manière étonnante, n’ont pourtant jamais cessé d’être de simples humains qui ne sont jamais sortis de leur caractère humain ni de leur propre nature, qui n’ont refoulés aucune de leurs énergies constructives et qui ne sont jamais chargés au-delà de leur contenance. Ils ont pratiqués toutes les activités humaines, ils ont récoltés tous les biens que leur offraient leur milieu et leur époque. Il se peut qu’ils aient manqué la cible comme il se peut qu’ils l’aient touchée, qu’ils aient peut-être trébuché ou qu’ils s’en soient relevés, qu’ils aient été parfois atteints par la faiblesse humaine, comme elle atteint la plupart des mortels, qu’ils aient des fois lutté contre cette faiblesse et qu’ils l’aient d’autres fois vaincue.

La connaissance de cette vérité a une importance extrême : elle donne à l’humanité un très grand espoir d’essayer de nouveau. Elle se fait de son devoir, ou plutôt de son droit de tendre de tout son être vers cette image lumineuse et possible, et de persister dans cette ambition légitime.

Car cette image est capable d’augmenter la confiance des gens en eux-mêmes, en leur propre nature, en ses potentialités cachées avec lesquelles elle peut, dès que la bonne voie est retrouvée, atteindre ce niveau humain supérieur qu’elle a déjà atteint une fois dans son histoire.

Elle ne l’a pas atteint par un miracle non renouvelable, mais elle l’a atteint d’une voie de nature à être réalisée par le seul effort humain et dans les limites des possibilités humaines.

Cette génération supérieure et grande a jailli du cœur du désert pauvre en ressources avec des moyens naturels, économiques et scientifiques limités.

Malgré le concours de circonstances qui ont rendu impossible cette naissance merveilleusement étonnante, l’humanité, aujourd’hui et demain, n’est pas incapable quant à sa nature, ni quant à ses moyens, de réussir une deuxième fois dans cette tentative, à condition qu’elle choisisse cette voie pour sa vie.

Malgré les déviations, les litiges et les attaques qui l’ont investie de toutes parts tout le long de l’histoire, cette voie n’a jamais cessé de sortir à la vie des prototypes d’hommes trouvant leur pareil dans la première génération supérieure de l’Islam et portant sa marque et son emprunte.

Ces prototypes n’ont pas cessé de marquer les humaines de leur puissante emprunte, ni d’influencer la ligne de marche de l’histoire humaine, ni de laisser autour d’eux et derrière eux des courants et des remous impressionnants qui marquent la face de la vie et qui lui donne sa couleur.

Cette voie ne cesse pas d’être capable à tout moment de faire sortir à la vie de tels prototypes chaque fois qu’on essaye de nouveau de la mettre en pratique et de lui laisser la prérogative exclusive de légiférer pour la vie, et ce malgré tous les facteurs opposés, et malgré tous les obstacles qui l’entourent et qui lui barrent le chemin.

Son secret profond c’est qu’elle s’adresse sans intermédiaire à la nature humaine, qu’elle puisse d’emblée dans son capital caché qui est un capital énorme, un capital inépuisable. Dès que ce capital rencontre cette voie, voilà que jaillissent aussitôt ses sources abondantes et voilà que ses eaux débordent de leur réserve cachée.

Cette saine nature a pu établir dans la vie humaine des principes et des concepts, des valeurs et des concepts comme ils n’ont jamais été établis auparavant dans toute son histoire avec clarté, cette profondeur et cette universalité englobent toute l’activité vitale.

Jamais ces principes, ces concepts, ces valeurs et ces critères qui touchent à la réalité humaine n’ont été établis une autre fois et à l’ombre de toute voie et de tout régime dans toute la terre, avec cette clarté, avec cette profondeur et avec cette universalité englobant toute l’activité de la vie. Puis, et c’est là le plus important, avec cette sincérité, ce sérieux, cette loyauté et cette abnégation véritable et profonde.

Ces principes et ces concepts, ces valeurs et critères ont concerné tous les secteurs de la vie humaine, ils ont concerné l’image que se faisait l’humanité de son Dieu, ses relations avec Lui, l’image qu’elle se faisait de cette existence où elle vivait et ses rapports avec elle, l’image enfin qu’elle se faisait de la finalité de son existence humaine et de sa place ainsi que de sa fonction dans cet univers.

Comme conséquences de tout cela, ils ont pris en considération l’image que se faisait l’humanité de la réalité de l’homme, de ses droits, de ses devoirs et de ses charges.

De même que les valeurs qui servent critère à la vie de l’humanité, à son activité et à son importance et sur lesquelles se basent ses relations avec son Seigneur et Maître, ses relations avec sa famille, avec ses frères de race, avec l’univers, avec les vivants et les choses.

Parmi les choses qu’ils ont envisagées, citons les droits et les devoirs politiques, sociaux et économiques, les régimes, les circonstances et les liens qui organisent ces droits et ces devoirs et, en somme, tous les secteurs de la vie humaine sous ses divers aspects et angles. Ils ont prononcé dans tout cela leur jugement qui les a rendus uniques dans leur genre et différents des autres et qui leur a donné leur cachet divin et original.

Tout cela s’est accompli dans un milieu local hostile à de tels principes et concepts, hostile à ces valeurs et à ces critères… dans un milieu mondial reniant la base même de ces principes, de ces concepts, de ces valeurs et de ces critères ; dans des conditions économiques, sociales, politiques, mentales et psychiques, aussi bien sur le niveau local que mondial, qui devaient, de par leur manifestations, tamponner ces orientations fixées par l’Islam dans la réalité de la vie humaine, pour la première fois, ou du moins qui ne devaient pas l’aider à se mouvoir en toute liberté.

Tout cela n’a compté avant tout dans son succès que sur le capital de la nature humaine, à savoir cette prédisposition innée à se mettre dans la ligne droite de la voie divine qui correspond dans son fond à cette nature, avant qu’elle ne soit voilée par les facteurs superficiels. Cela a compté sur la réactivation de ce capital, sur sa libération de tous les dépôts qui le cachent. C’est un capital énorme qui, une fois retrouvée la voie qui le sauve de la dispersion ou de l’oubli, suffit pour résister à ces facteurs superficiels dont certains observateurs à la vue courte pensent qu’ils représentent tous dans la vie de l’homme…

L’Islam ne ferme pas les yeux sur ces facteurs et ne néglige pas leurs effets sur la vie humaine, mais il ne reste pas soumis devant eux sous prétexte que c’est là une « réalité » inévitable. Il court plutôt à la sauvegarde du capital de la nature humaine, à sa concentration et à son orientation pour rectifier cette réalité en douceur et sans précipitation, comme nous l’avons montré dans le chapitre précédent dans sa manière d’agir.

Il aboutit au même résultat obtenu dans cette période, dans sa résistance à ses conditions hostiles (locales et mondiales) et de leur formation en conditions favorables, comme cela s’est fait dans la presqu’île arabique de même que dans les régions voisines. Il se peut que l’humanité soit aujourd’hui, à certains points de vue, dans un état et dans des conditions meilleures que lors de l’avènement de cette voie qui a provoqué en elle ce renversement total et cette très grande révolution en toute douceur et facilité et toute détente.

Il se peut qu’elle soit plus capable de mettre en pratique cette voie pour les raisons que nous exposerons dans un chapitre suivant. Il se peut qu’elle soit aujourd’hui plus capable d’en supporter la charge, surtout si nous savons que le capital de la droite nature humaine, malgré tout ce qui s’entasse sur elle de corruption, mal et déviation, malgré sa dispersion et sa pulvérisation sous le poids des situations matérielles et des facteurs économiques et intellectuels, est capable de secouer, de se regrouper et d’agir lorsque la voie réussit à le délivrer, à le regrouper, à l’orienter et à le déclencher dans la voie qui est en harmonie avec la droite nature de l’homme et la droite nature de l’univers, telle qu’elle a été créée par Dieu.

Ce capital a suffisamment d’authenticité, de profondeur et de volume pour l’emporter sur la plupart des autres facteurs qui prennent l’image du « réel ».

Que pensez-vous donc si certains de ces facteurs se trouvent aujourd’hui dans ses rangs et dans sa propre orientation.

La « réalité » externe apparaît à ceux qui ne connaissent pas la nature de cette voie comme si elle était la réalité qu’on ne saurait nullement changer, ni ébranler ni entrer en rébellion contre elle !

Mais ce n’est là qu’une grande illusion ! La droite nature humaine est elle aussi une « réalité ». Elle ne correspond pas en tout point à cette réalité apparente pour la bonne raison qu’elle en souffre partout dans ce monde aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest.

Lorsque la droite nature vient tamponner une telle situation ou un tel régime, elle peut très bien avoir le dessous au début car derrière cette situation, derrière ce régime se trouve une force matérielle qui les impose impérativement. Mais là où il n’y a aucun doute c’est que la droite nature est plus forte et plus tenace que toute situation accidentelle et que toute force qui appuie cette situation. Elle doit nécessairement l’emporter en fin de compte surtout quand elle est dirigée par une voie dont la nature provient de sa propre nature.

Cela s’est réalisé en fait une fois le jour où cette voie divine affronta la « réalité » de la presqu’île arabique et la réalité de la terre entière.

Elle emporta sur cette réalité une victoire éclatante, et elle transforma ses bases conceptionnelles et pratiques et les a remplacé sur des assises nouvelles. Cette réalisation ne s’est pas faite par un miracle non renouvelable, mais elle s’est faite selon les lois éternelles de Dieu, par l’effort des hommes et dans les limites et les possibilités humaines. Ce précédent a prouvé la possibilité de la réédition de ce phénomène.

Que pensez-vous donc si les courants déclenchés par cette droite nature et les sédimentations qu’elle a déposé dans la vie des hommes et dans la réalité de l’histoire, ne sont en fait que des facteurs favorables à la nouvelle tentative ?

Cette nature droite a pu dans cette période instituer des traditions pratiques, des situations matérielles s’appuyant sur ces principes, ces concepts, ces valeurs et ces critères.

Ces traditions ne sont pas mortes et disparue avec la fin de cette période, mais elles se sont prolongées à la façon d’un courant mobile poussé à des distances éloignées sur terre et des durées étendues dans le temps. Toute la vie humaine en a subi la marque sous n’importe quelle image, et elles sont devenus un capital influant sur sa façon d’imaginer sur ses situations diverses, sur ses traditions, sur ses sciences et ses connaissances, sur son économie et son peuplement, enfin sur toute sa civilisation d’une façon continue et efficiente dans chacun des coins de la terre.

Des traces de ce courant ne cessent d’agir jusqu’à ce jour sur la réalité de la vie humaine, malgré toutes les forces qui se sont dressées contre cette marée montante et malgré la rechute dans l’obscurantisme antéislamique de l’hellénisme du monde romain, et du monde occidental qui a accaparé les rênes de la terre depuis de longs siècles.

Derrière ces influences réelles se sont établis dans la vie de l’humanité des principes et des valeurs, des théories et des circonstances dont l’humanité ignore peut-être l’origine première, qu’elle peut aussi faire remonter à des sources autres que cette voie agissante, mais il n’est nullement impossible d’en connaître l’origine première et de les ramener à l’action de la voie divine et à ses effets sur la vie humaine.

Nous ferons allusion dans un prochain chapitre à certaines grandes lignes que l’humanité a fini par reconnaître aujourd’hui alors qu’elle les reniait de toute sa force lorsque l’Islam les annonça pour la première fois, c’est-à-dire depuis un peu plus de mille trois cents ans ! (1400 à nos jours)

C’est peut-être pour le fait que ces grandes lignes aient fermement tenu dans la vie et les situations des hommes, après qu’on les ait reniées avec la plus grande violence lorsque l’Islam les annonça pour la première fois, c’est donc pour ce fait que l’humanité est peut-être plus proche, d’une façon générale, de la compréhension de cette voie, plus à même de la supporter, puisqu’elle détient un capital réel laissé par la première marée montante et qu’elle ne détenait pas le jour où elle reçut pour la première fois !... Elle détient aussi un capital venant de ses propres expériences dans la période de son égarement en dehors de cette voie et à la suite de ce qu’elle endure aujourd’hui de souffrances dues à cet égarement et cet éloignement de la route, auquel nous avons déjà fait allusion d’une façon concise.

Tout cela peut bien être représenté des facteurs aidant les hommes à accepter plus facilement la voie divine et à l’endurer avec patience dans le prochain round… par la grâce de Dieu…

Maintenant que nous en sommes venus à ces allusions globales, il conviendrait peut-être de les exposer en détail en citant certaines de leurs significations réelles dans la vie humaine à travers la réalité historique et en citant en détail une partie du capital de la droite nature dont l’Islam s’est servi pour affronter et pour vaincre la réalité de l’humanité, et a décidé de sa voie en face de cette réalité.


Le Capital de la Sainte Nature 



 

 

Le jour où l’Islam vint pour la première fois, une réalité énorme s’est dressée contre lui, la réalité de la presqu’île arabique et la réalité du globe terrestre… Il s’est trouvé face à face avec des régimes et des états de choses, avec des intérêts et des clans… Les distances qui séparaient alors l’Islam et la réalité des gens dans la presqu’île arabique et dans le globe terrestre étaient incommensurables et énormes et les canevas qu’il leur destinait était loin, extrêmement loin… Derrière cette « réalité » se trouvait l’appui de plusieurs siècles d’histoire, une grande divergence d’intérêts et des forces de couleurs opposées. Tout cela se dressait tel un barrage face à cette religion nouvelle qui ne se contentait pas de transformer les croyances et les concepts, les valeurs et les critères, les coutumes et les traditions, les mœurs et les sentiments… Mais elle voulait en plus de cela, et elle le voulait avec insistance, transformer les régimes et les situations, les codes et les lois, la répartition des richesses et des biens. Elle voulait absolument de même arracher les rênes de l’humanité pour les remettre de nouveau entre les mains de Dieu et de l’Islam.

Si on avait alors dit à n’importe quel être que cette religion nouvelle qui prétendait à tout cela, en face de toute cette « réalité » énorme qu’appuyaient toutes les forces de la terre, si on lui avait dit que c’est cette religion précisément qui allait vaincre, que c’est elle qui allait transformer cette réalité en moins d’un demi siècle de temps, de telles paroles n’auraient trouvé que de l’ironie, de la moquerie et du scepticisme.

Mais cette « réalité » importante et énorme a vite fait de se retirer de la place pour la céder au visiteur nouveau. Le nouveau chef a vite fait de prendre en main la direction de l’humanité pour la sortir des ténèbres vers la lumière, pour la guider selon la législation divine sous l’étendard de l’Islam. Comment s’est donc réalisée cette chose qui semblait impossible à l’appréciation de ceux qui étaient obnubilés par la « réalité » et écrasée par son poids dans leur application des choses et des situations ?

Comment un homme seul, Muhammad ibn Abd Allah (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a-t-il pu faire face tout seul au monde entier, ou du moins à toute la presqu’île arabique au début de la chose ? Ou du moins faire face aux membres de la tribu Quraysh qui étaient les seigneurs de tous les arabes à l’aube de l’appel ? Devant ces croyances et ces concepts, ces valeurs et ces critères, ces régimes et ces situations, ces intérêts et ces clans… pour vaincre tout cela ensemble, pour transformer tout cela, pour instaurer l’ordre nouveau sur la base de la voie nouvelle et du concept nouveau ?

L’Islam n’a nullement flatté leurs croyances et leurs concepts, il n’a pas pommadé leurs sentiments et leur amour propre, il n’a pas signé de compromis avec leurs divinités et leur direction. Il ne s’est pas fait petit à petit pour parvenir à la grandeur… Il reçut l’ordre de leur dire dès le premier jour, alors qu’il était à la Mecque et que toutes les forces se liguaient contre lui :

« Dis : O vous les mécréants !

Je n’adore pas ce que vous adorez,

Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore,

Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez,

Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore,

A vous votre religion et à moi ma religion. »

Il ne s’est pas contenté de leur annoncé la divergence de sa religion avec la leur, leur séparation totale et sans point de rencontre possible dans ces domaines, mais il lui fut ordonné de leur faire perdre tout espoir dans la possibilité d’une rencontre à venir et il leur répéta : « Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez, et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore »

Il ne les ébloui pas de même en se prétendant un pouvoir mystérieux, ni des vertus exceptionnelles et supra humaines, ni des ressources occultes, mais il lui fut plutôt ordonné de leur dire « Dis : Je ne dis pas que je détiens les trésors de Dieu, ni que je connais l’inconnu. Je ne vous dis pas non plus que je suis un ange mais je ne fais que suivre les directions qui me sont révélées… » 

Il n’a pas distribué à droite et gauche des promesses de places au gouvernement ou de gains matériels à ses partisans lorsqu’il aura vaincu ses adversaires. Ibn Ishaq a dit à ce propos : « Le Prophète (bénédiction et salut de Dieu sur lui) se présentait aux tribus à l’occasion du pèlerinage en leur disant : O fils d’un tel, je suis envoyé à vous par Dieu qui vous ordonne de croire en Lui, de ne rien lui associer, d’abandonner ce que vous adorez en dehors de Lui, de croire en moi, d’ajouter foi à ma mission divine et de me défendre afin que j’explique au nom de Dieu l’objet de ma mission. »

Ibn Ishaq dit encore : «J’ai appris de Zouhari que le Prophète (bénédiction et salut de Dieu sur lui) alla chez la tribu des Bani Amr Ibn Saâsaâsh. Il les appela à Dieu (puissance et transcendance à Lui) et se présenta à eux. L’un d’eux, Beijarah Ibn Fares, dit : « Par Dieu, si je m’attachais à ce jeune homme je dévorerais grâce à lui tous les arabes. » Puis il dit : « Si nous te donnons notre allégeance dans ton affaire et que Dieu te donne la victoire sur tes adversaires, penses-tu que le pouvoir reviendra après toi ? Il lui répondit : Le pouvoir appartient à Dieu. C’est Lui qui le dépose là où Il veut. L’autre lui dit : Est-ce que tu veux donc nous exposer aux coups des arabes puis, quand Dieu te donnera la victoire, le pouvoir reviendra à d’autres que nous ? Nous n’avons pas besoin de ta chose. » « Et ils refusèrent de le suivre. »

Comment alors s’est réalisé ce qui s’est réalisé ? Comment cet homme tout seul trouvera-t-il force de subjuguer toute cette « réalité » ? Il ne l’a pas subjuguée par un miracle extraordinaire et qui ne peut se renouveler. Il a déclaré (bénédiction et salut de Dieu sur lui) qu’il n’agissait pas dans ce chant avec un miracle quelconque et pas une fois il ne donna suite à leurs demandes de miracles. Mais tout ce qui s’est réalisé que conformément à une loi permanente qui se renouvelle toutes les fois que les hommes l’appliquent en répondent à son appel.

Cette victoire réalisée par cette voie s’est réalisée parce que cette voie est entrée en relation, par derrière la réalité apparente, avec le capital caché dans la saine nature et ce capital, comme on l’a déjà dit, est énorme et impressionnant et cet amoncellement apparent ne lui arrive pas à la cheville lorsque ce capital est délivré, regroupé, orienté et déclenché dans une direction préétablie.

Les croyances viciées et falsifiées voilaient la conscience de l’humanité. Les divinités mensongères encombraient l’espace de la Kaaba comme elles encombraient les concepts des gens, leurs esprits et leurs cœurs. Les intérêts tribaux et économiques reposaient sur les épaules de ces divinités mensongères avec les prêtres et les devins qui se tenaient derrière elles, avec un état de choses caractéristiques de la divinité entre les créatures mortelles et issu de ce droit de légiférer pour les gens octroyés aux prêtres et aux divins de même que celui de tracer les voies de la vie.

L’Islam est venu s’apposer à toute cette « réalité » avec cette simple formule : «  Il n’y a d’autres divinités que Allah ». Il est venu s’adresser à la saine nature humaine qui ne se reconnait de divinité que Allah. Il est venu faire connaître aux gens leur vrai Seigneur et Maître, ses caractéristiques et ses attributs que leur saine nature reconnaît déjà sous le fatras des décombres.

« Dis : Est-ce un autre que Dieu que je me choisis comme protecteur, Lui qui est le créateur des cieux et de la terre, Lui qui nourrit et n’est pas nourri ? Dis : J’ai reçu l’ordre d’être le premier à me soumettre et ne sois surtout pas parmi les associateurs. Dis : Je crains si je désobéis à Dieu, les tourments d’un très grand jour. Celui que ces tourments épargnent en ce jour, celui-là a été touché par la miséricorde divine et c’est là le succès évident. Si Dieu le touche par un mal, Il est le seul à pouvoir le dissiper, et s’il le touche par un bien, Il est capable de toute chose. Il est le contraignant au-dessus de ses esclaves. Il est le plus grand sage et le plus grand expert. Dis : Quelle chose peut apporter un plus grand témoignage ? Dis : Dieu est témoin entre moi et vous. Ce coran m’a été inspiré pour que nous mettions en garde moi et tous ceux qui le transmettent. Et quoi donc. Vous attestez qu’il y a avec Dieu d’autres divinités ? Dis : Je n’atteste point. Dis : Il n’est qu’une divinité unique et je suis innocent de ce que vous associez. »

« Dis : Il m’a été interdit d’adorer ceux que vous invoquez en dehors de Dieu. Dis : Je ne suis pas vos passions, autrement je tomberais dans l’erreur et ne serais plus des bien-guidés. Dis : Je m’appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur, et vous avez traité cela de mensonge. Ce (le châtiment) que vous voulez hâter ne dépend pas de moi. Le jugement n’appartient qu’à Dieu. Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges.

Dis : Si ce que vous voulez hâter dépendait de moi, ce serait affaire faite entre vous et moi. C’est Dieu qui connaît le mieux les injustes.

C’est Lui qui détient les clés de l’inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite.

Et la nuit, c’est Lui qui prend vos âmes, et Il sait ce que vous avez acquis pendant le jour. Puis Il vous ressuscite le jour afin que s’accomplisse le terme fixé. Ensuite, c’est vers Lui que sera votre retour, et Il vous informera de ce que vous faisiez.

Et Il est le dominateur suprême sur ses serviteurs. Et Il envoie sur vous des gardiens. Et lorsque la mort atteint l’un de vous, Nos messagers (les Anges) enlèvent son âme sans aucune négligence.

Ils sont ensuite ramenés vers Dieu, leur vrai maître. C’est à Lui qu’appartient le jugement et Il est le plus prompt des juges.

Dis : Qui vous délivre des ténèbres de la terre et de la mer ? Vous l’invoquez humblement en secret ; S’Il nous délivre de ceci nous serons du nombre des reconnaissants.

Dis : c’est Dieu qui vous en délivre ainsi que de toute angoisse, pourtant vous Lui donnez des associés.

Dis : Il est capable, Lui, de susciter contre vous, d’en haut, ou de dessous vos pieds, un châtiment, ou de vous confondre dans le sectarisme. Et Il vous fait goûter l’ardeur (au combat) les uns des autres. Regarde comment Nous exposons nos versets, peut-être comprendront-ils ? »

La saine nature écouta effectivement la voie prééternelle qui s’adressait à elle le lourd fatras de la réalité et alors qu’elle était très éloignée de la route. Elle retourna d’un coup à son Dieu unique et c’est cet appel nouveau qui l’emporta sur la réalité si lourde ! 

Lorsque les gens revinrent à un Dieu unique, il devint impossible de voir des hommes en adorer d’autres. Ils se dressèrent tous la tête haute les uns en face des autres, le jour où toutes les têtes se baissèrent devant le Dieu Unique, le contraignant au-dessus de ses esclaves. Ainsi s’acheva cette légende des sangs bleus, de la supériorité des races, de l’hérédité, de la noblesse, de celle de l’autorité et du pouvoir. Mais comment cela s’est-il fait ? Il y avait là une réalité sociale, et il y avait derrière cette réalité des intérêts de classes et de races, matériels et moraux… Une réalité qui dominait la presqu’île arabique, qui dominait la terre autour d’elle. Une réalité que personne ne contestait car ceux à qui elle profitait ne s’en lassaient pas et ceux qui ployaient sous son poids ne la reniaient pas ! Les Quraysh se nommaient « les durs » et imposaient pour eux-mêmes des droits et des traditions que n’avaient pas la plupart des arabes. Dans le pèlerinage, ils stationnaient à Mouzdelifah quand le reste des pèlerins stationnaient à Arafat ! Ils basaient sur ces privilèges des gains économiques qu’ils refusaient aux autres arabes. Ils les obligeaient à ne faire les sept tours rituels de la Kaaba que portant des vêtements achetés chez les Quraysh, sinon ils le faisaient tout nu !

Toute la terre autour de la presqu’île arabique qui était pleine de ces discriminations basées sur les différences de sang et des races et sur la supériorité des uns sur les autres.

La société iranienne était fondée sur les considérations d’origine familiale professionnelle. Il y avait entre les diverses classes sociales un large gouffre qui n’enjambait aucun pont ; rien ne les reliait les unes aux autres. Le gouvernement interdisait aux plébéiens d’acheter une terre appartenant à un prince ou à un grand. Parmi les règles de la politique sassanide, chacun devait être convaincu de la place sociale que lui attribuait son origine familiale. Il ne levait pas les yeux au-dessus de lui. Personne n’avait le droit de choisir un métier autre que celui pour lequel Dieu l’avait crée. Tous les rois de l’Iran ne donnaient aucune charge à un mal-né. Ainsi la masse était composée de couches se différenciant nettement les unes des autres. Chacun avait un poste déterminé dans la société. Les Xerxès, rois des Perses, prétendaient que dans leurs vaines coulaient du sang divin. Les Perses les regardaient comme des divinités et étaient convaincus qu’il y avait dans leur nature quelque chose de supérieur et de sacré. Ils leurs pardonnaient leurs fautes, chantaient des cantiques à la gloire de leur caractère divin. Ils les considéraient au-dessus des mortels, au-dessus de la loi, au-dessus de la critique. Ils n’osaient même pas prononcer leurs noms. Aucun d’entre eux ne siégeait à leurs conseils. Ils croyaient qu’ils avaient droit sur tout être et qu’aucun être n’avait droit sur eux. Ce qu’ils consentaient à donner aux gens parmi les excédents de leurs biens et les reliefs de leurs tables n’était que pure aumône et donation généreuse que rien ne légitimait. Les gens devant eux n’avaient qu’à écouter et à obéir.

Ils désignèrent une maison bien définie, c’était la maison du « Pourvoyeur ». Ils étaient convaincus que seuls les membres de cette maison avaient le droit de porter la couronne et de lever les impôts. Ce droit se transmettait chez eux de noble à noble et de père en fils. Seul un imposteur leur contestait ce droit et seul un vulgaire prétentieux le leur disputait. Ils croyaient à la royauté et à l’hérédité dans la maison régnante. Ils ne désiraient rien d’autre à sa place et la considéraient comme chose indispensable. Quand ils ne trouvaient pas dans cette famille un homme majeur, ils y choisissaient un enfant comme roi. Quand ils ne trouvaient pas un mâle, ils choisissaient une reine.

Après Cyrrhhus ils prirent comme roi son fils Ardachir qui n’avait que sept ans. Ils prirent comme roi Farkhzaé fils de Xerxès, alors enfant. Ils désignèrent au trône Bouran fille de Xerxès. Une autre de ses filles fut aussi reine, c’était Azramé Dakht.

Jamais il ne leur est venu à l’esprit de se choisir comme roi un grand commandant d’armée ou un grand chef tels « Rostoum » ou « Jaban » ou quelqu’un d’autre car ils n’étaient pas de la maison royale.

En Inde, le régime des castes était la chose la plus affreuse et la plus laide que l’homme pouvait faire à un homme contre lui ;

Trois siècles avant Jésus Christ s’épanouit en Inde la civilisation brahmane. On y rédigea un nouvel édit pour la société hindoue. On y créa un code civil et politique qu’on accepta à l’unanimité. Il devint un code officiel et un critère sacré dans la vie du pays et de sa civilisation. On le connaît aujourd’hui sous le nom de « Manouchastr 

». Ce code divise la population en quatre castes différentes. Ce sont 1) Les Brahmas, c'est-à-dire la classe des devins et des hommes de religion 2) Les Chutras, ou les hommes de guerre 3) Les Weichs ou agriculteurs et commerçants 4) Les Chodras ou serfs.

Manou, l’auteur de ce code, dit : « Le Capable absolu a crée pour le bien du monde les Brahmas à partir de sa bouche, Les Chutras à partir de ses bras, Les Weichs à partir de ses cuisses et Les Chodras à partir de ses pieds. Il leur distribua des obligations et des devoirs dans l’intérêt du monde. Aux Brahmas revient la charge d’enseigner le Véda ou de servir les offrandes aux dieux, et de recueillir les aumônes. (…) » Les Chutras devaient veiller à la sécurité des gens, faire l’aumône, procurer les offrandes, étudier le Véda et s’éloigner des désirs charnels. Les Weichs devaient garder les peaux, réciter le Véda, pratiquer le commerce et l’agriculture. Quant aux Chodras, ils n’avaient d’autres charges que celles de servir les trois castes précédentes. Ce code octroya à la caste desserrant au rang des dieux. Il dit : « Les Brahmas sont les élus de Dieu. Ce sont les rois des humains. Tout ce qui est au monde est leur propriété. Ce sont les créatures les plus nobles et les seigneurs de la terre. Ils ont le droit de puiser à volonté et impunément dans les biens de leurs esclaves Chodras. Car l’esclave ne possède rien et tout ce qu’il a est à son maître. Et parce que le Brahma qui assure la sauvegarde du livre sacré (Rokvèd) est un homme absout même s’il faisait périr les trois mondes par ses péchés et par ses actes. Le roi n’a pas le droit même dans les situations de besoin et de disette, de prélever des impôts chez les Brahmas ou d’accepter d’eux des pots-de-vin. Il n’est pas permis de laisser un Brahma mourir de faim dans son pays. Quand il mérite la peine de mort, le juge ne peut que lui raser les cheveux alors que tout autre dans son cas est tué. Quant aux Chodras, s’ils sont au-dessus de ces deux castes (Weichs et Chodras) ils sont néanmoins bien au-dessous des Brahmas. Manou dit à ce sujet : « Le Brahma âgé de dix ans dépasse en grade le Chodra qui a dépassé la centaine, comme le père dépasse son fils ! » »

Quant aux Chodras (les Parias), ils étaient dans la société hindoue, d’après le texte de cette législation civilo-religieuse, plus bas que les bêtes, plus vils que les chiens. Cette législation déclare que c’est un bonheur pour les Chodras de servir les Brahmas et c’est le seul moyen pour eux d’avoir des rétributions divines. Ils n’ont nul droit de gagner de l’argent ou de thésauriser. Cela porte préjudice aux Brahmas. Quand l’un des parias tend la main ou un bâton vers un Brahma pour le frapper, on lui coupe la main. S’il le piétine par colère, on lui coupe le pied.

Si l’un des parias s’apprête à s’assoir avec un Brahma, c’est un droit de lui bruler le derrière ou de le chasser d’un pays après l’avoir déchu de tous ses droits. S’il le touche de la main ou s’il l’injurie, on lui arrache la langue. S’il prétend qu’il lui apprend quelque chose, on lui fait boire de l’huile bouillante. Le prix du sang est le même pour le chien, le chat, la grenouille, le lézard, le corbeau, la chouette et le paria.

Quant à la fameuse civilisation romaine, elle s’est instituée sur la base de la vie de lucre que procuraient les trois quarts de la population réduit à l’esclavage, au quart restant constitué par les nobles ; sur la base de la discrimination dans les textes de loi entre les seigneurs et les esclaves, entre les classes nobles et les basses classes.

Dans le fameux recueil législatif de Justinien, il est dit : « Celui qui séduit une veuve chaste ou une vierge, son châtiment s’il appartient à une famille noble consiste à lui confisquer la moitié de ses biens, s’il appartient à une famille de roturiers on le châtie par la flagellation et par l’exil ». Alors que cette « réalité » régnait sur toute la terre, L’Islam s’adressait à la « saine nature » enfouie sous le poids de la « réalité », la saine nature qui renie tout cela et ne le reconnaît pas. Sa réponse à l’appel de l’Islam a été donc bien plus forte que la réalité si lourde. La saine nature a entendu Dieu exalté dire à tous les hommes :

« O Hommes ! Nous vous avons créé à partir d’un mâle et d’une femelle et nous vous avons différenciés en nations et tribus afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous pour Dieu est le plus pieux ».

Elle (la sainte nature) L’a entendu dire, aux Quraysh en particulier : « Puis descendez en force à partir du même endroit que les autres ». Elle a entendu le Prophète de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui) dire à tous les gens : « O gens ! Votre Dieu est Un. Votre père est un, vous remontez tous à Adam et Adam est de terre. Certes le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Aucune supériorité de mérite n’appartient à un Arabe par rapport à un non-arabe ni à un non-arabe par rapport à un Arabe, ni un Rouge par rapport à un Blanc, ni un Blanc par rapport à un Rouge si ce n’est par la piété ». Elle l’a entendu dire, aux Quraysh en particulier : «O gens de Quraysh !... Rachetez vous-mêmes vos âmes. Je ne vous serai d’aucun secours auprès de Dieu. O vous, Fils de Abd Manaf, je ne vous serai d’aucun secours auprès de Dieu. O Abbes, fils d’Abd almutalib, je ne te serai d’aucun secours auprès de Dieu. O Fatima, fille de Muhammad, demande-moi tout ce que tu veux de mon argent, mais je ne te serai d’aucun secours auprès de Dieu ». La saine nature a entendu cet appel digne d’être suivi de tous. Elle écarta de sa vue le fatras de la « réalité » et elle s’élança sur la voie de Dieu. Il s’est réalisé ce qu’il s’est réalisé en harmonie avec la loi continue de Dieu qui est prête à se réaliser à tout moment.

La pratique de l’usure régnait sur la presqu’île arabique et son économie de base s’appuyait sur elle. Surtout que l’on ne pense pas que cela se limitait à de simples transactions entre individus dans un domaine restreint. Car un commerce très important s’était organisé entre les Quraysh et la Syrie dans leur expédition d’été et entre les Quraysh et le Yémen dans leur expédition d’hiver. On investissait dans ce commerce les capitaux de Quraysh. Il ne nous est pas permis d’oublier que la caravane d’Abu Sofiane, à l’affut de laquelle les Musulmans se postèrent d’abord dans la campagne bataille de Badr (elle leur échappa d’ailleurs, Dieu ayant prédestiné aux Musulmans une meilleure fortune), donc cette caravane comptait mille chameaux chargés de marchandises ! Si l’usure se limitait à des transactions individuelles restreintes et si elle n’était pas un régime englobant toute la vie économique, elle n’aurait jamais mérité de la part de Dieu, exalté, cette campagne effrayante répétée dans le Coran, suivie de celle du Prophète dans ses Hadiths ! Ces capitaux, cette activité commerciale et cette économie qui s’appuyaient sur eux, n’avaient pour base que le système usuraire dans lequel se sont regroupées presque toutes les branches de l’économie du pays à la veille de l’Islam c’est ainsi que se tenait la vie à Médine dont les détenteurs de l’économie étaient des Juifs et l’usure est la base de l’économie des Juifs !

C’était là une « réalité » économique sur laquelle reposait la vie du pays ! Puis vint l’Islam… Il vint dénoncer cette base injuste et criminelle et proposer à sa place une autre base : celle de l’aumône légale, du prêt bénévole, de l’entraide et du soutien mutuels :

« Ceux qui dépensent leur fortune de nuit et de jour, en secret ou en public, ceux-là ont leur rétribution auprès de Dieu. Ils sont à l’abri de la peur et du chagrin. Ceux qui mangent les produits de l’usure ne se dressent que comme se dresse celui qui s’agite touché par Satan. Et ce parce qu’ils ont dit : la vente n’est qu’une forme d’usure. Et Dieu a permis le commerce et interdit l’usure. Celui à qui est parvenu un sermon de son Seigneur et Maître et qui a mis fin à cette pratique, a droit aux gains précédents et son affaire concerne Dieu. Mais celui qui récidive, ceux-là sont les gens de l’Enfer et ils y demeureront éternellement. Dieu anéantit l’usure et décuple les aumônes. Dieu n’aime aucun négateur alourdi de péchés. Ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, qui ont accomplit convenablement leurs prières et qui ont fait l’aumône légale, ceux-là ont leur rétribution auprès de Dieu ; Ils sont à l’abri de toute crainte et du chagrin.

« O vous qui avez cru ! Craignez Dieu et laissez ce qui est resté de l’usure, si vous êtes croyants. Si vous ne le faites pas, acceptez une guerre de la part de Dieu et de son messager. Si vous revenez au droit chemin vous avez droit au principal. Vous n’êtes pas lésés et vous ne lésez point. S’il est dans une situation difficile, donnez lui un délai jusqu’à un retour à la prospérité. Que vous fassiez l’aumône est bien meilleure pour vous si vous saviez. Craignez un jour où vous serez rendus à Dieu et où chaque âme reçoit la récompense entière de ses acquis sans aucune injustice. »

La saine nature trouva que l’appel de Dieu était bien meilleur que sont état d’alors. Elle s’indigna de cette base dégradante qui servait d’appui au système usuraire. Malgré les peines engendrées par la mutation dans les conditions économiques sur lesquelles reposait la vie des gens, l’écho de cet appel a été plus fort que le poids de la « réalité ». Ainsi se purifia la société islamique de cette souillure de l’obscurantisme antéislamique. Et il en fut ce qu’il en fut. Toujours selon la loi de Dieu qui se répète chaque fois qu’on appel à la saine nature a secoué ce qui la recouvrait de décombres et de ruines !

Nous nous contenterons dans ce chapitre de ces trois exemples prouvant la lutte victorieuse de la saine nature contre la « réalité matérielle », sa libération des tas de décombres et de ruines qui la recouvraient et sa victoire sur la réalité apparente créée par les mentalités injustes de l’obscurantisme antéislamique. Ces exemples représentent la réalité de la foi et du concept, la réalité de l’économie et des transactions. Ce sont les aspects les plus forts de la « réalité » que voient ceux que ne saisissent pas la force de la foi, la force de la saine nature. On dirait que c’est à leurs yeux la réalité écrasante à laquelle ne peut résister ni la saine nature ni la foi.

L’Islam n’a jamais adopté une attitude soumise et impuissante et n’est jamais resté les bras croisés devant cette « réalité ».Mais il l’a ignorée ou transformée et il a bâti à sa place son édifice élevé et unique dans son genre, sur les fondations de la foi profonde. Ce qui est arrivé une fois peut arriver de nouveau. Tout ce qui est arrivé est arrivé selon une tradition normale et non selon un miracle insolite.

Cet édifice s’est élevé sur le capital de la saine nature, capital qui est en puissance pour celui qui sait le délivrer, le regroupé, l’orienté et le déclencher dans la direction juste. Il se peut que l’humanité actuelle soit encore plus capable de trouver la bonne direction grâce au résidu de cette première marée montante qui s’est fixée sur son histoire et dans sa vie.

Cette marée qui s’est trouvé en face de la plus dure opposition puis a continué sa route et a laissé derrière elle les plus profonds vestiges.


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ISLAM 44 : « Voici la Religion, Livre par Sayed Qotb » (3/3)

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Ribaat Ribaat - dans ISLAM OU NOUVEL ORDRE MONDIAL

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  • : LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ILLUMINATI / DEPUIS JANVIER 2010
  • LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ILLUMINATI / DEPUIS JANVIER 2010
  • : RIBAAT: Derrière la Démocratie se cache les lieutenants Sataniques/lucifériens Illuminati et Franc-maçons des hauts degrés. Cependant un chef CACHE donne les ordres : LES JÉSUITES/JUIFS NOACHIDES AU VATICAN A ROME ! Ces derniers veulent illusoirement conquérir le monde sous le vocal d’un Nouvel ordre mondial ; c'est-à-dire un monde sans foi ni loi en Allah notre Créateur !
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