DEPUIS JANVIER 2010 LES MOUDJAHIDIN (104) : Le dévoilement du conspirationnisme et de l'alternative chiite 1/3 (Alistiqlal&Theunjustmedia) - Jésuites/Juifs noachides, Illuminati, Franc-maçons, Satanisme
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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 22:06

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux


LES MOUDJAHIDIN (104) :

Le dévoilement du conspirationnisme et de l'alternative chiite 1/3 (Alistiqlal&Theunjustmedia)


LES MOUDJAHIDIN JUSQU'A LA FIN DES TEMPS

  ----------o LES MOUDJAHIDIN JUSQUE LA FIN DES TEMPS o----------

 

Lumière sur les mouvements de résistance islamiques traditionnalistes (sunnites) face aux thèses conspirationnistes et aux sympathisants chiites

Essai rédigé par le frère Fatih

www.alistiqlal.net

14 Janvier 2011

  Replique-conspiration-et-chiite-2.jpg

 

PARTIE 1 SUR 3

 

*Préface

*Introduction

*Partie 1 : L’Histoire de la subdivision chiite anti sunnite

| I | Les chiites d’hier

1. Les Ismaïliens

A. Les Qaramites

B. Les Oubeydides

2. Les Imamites.

A. Les Bouyides

B. Les Safavides

| II | Les chiites d’aujourd’hui

1. L’Iran

2. Le Hezboullat au Liban

*Partie 2 : Le dénigrement des organisations sunnites radicales

| I | Le conspirationnisme et le 11 septembre

1. Les chiites

2. Les Américains

3. Des intellectuels anti conspirationnistes et anti mondialistes.

| II | L’authenticité des mouvements sunnites radicaux

1. Les revendications

2. Les médisances et autres calomnies

*Conclusion

*Appendice


PREFACE

Cela fait plusieurs mois voire même plusieurs années que j’attendais avec empressement qu’un de nos frères clairvoyant, face à certaines propagandes orientées actuelles, s’attèle à détailler avec neutralité et minutie l’instrumentalisation malhonnête dont sont victime les mouvements de résistance sunnite et radicaux.

 

En effet nul n’est censé ignorer la vague savamment ficelée, par leurs élaborateurs Perses, essentiellement agrémentée de conspirationnisme excessif, d’antisionisme sommaire, d’affabulations simplistes et de contre-vérités sans fondement dont se sont fait l’apanage, de nos jours, la totalité des groupes chiites, leurs sympathisants ainsi que les mouvements antimondialistes Européens.

 

Cette vague est devenue si bien modelée que même les frères et soeurs de notre communauté ont joint leurs approbations à ces vues mensongères sans mesurer réellement la teneur d’une telle adhérence non seulement sur leur dogme religieux de base mais aussi sur l’échiquier international qui oppose aujourd’hui les résistances islamiques à leurs adversaires.

 

Il était donc temps, même si certains médias alternatifs s’en étaient déjà chargé brièvement, qu’un frère de croyance correcte, ayant une certaine connaissance historique et culturelle sur notre situation, prenne sa plume afin de dévoiler ces campagnes d’intoxications prétendument scientifiques et religieuses qui s’abattent constamment sur les groupes islamiques d’obédience sunnites et orthodoxes.

 

Seuls mouvements faisant réellement front militairement et spirituellement aux opposants mondialistes et impérialistes.

 

Un travail donc méticuleux, historique, honnête, neutre et idéologique détruisant avec un brio admirable tous les dessous de l’appareil conspirationniste et de leurs partisans. Je dois bien avouer ici que ce modeste essai est le travail le plus abouti et le plus convaincant que j’ai eu l’occasion de lire sur le sujet.

 

Notre frère Fatih nous montre, avec une finesse rarement observée dans ce domaine, la logique qui détermine certaines actions des groupes de résistance islamique, l’évidente crédibilité de leurs positionnements dogmatiques et surtout la réflexion qui englobe l’ensemble de leurs activités militantes.

 

Réflexion et logique que beaucoup de nos opposants essaient d’étouffer en simple sauvagerie obscurantiste sans fondement doctrinale. Agissement militaire que beaucoup également essaient d’interpréter comme étant des interventions menés par des mains invisibles sionistes surtout quand elles ne vont pas dans le sens de leurs intérêts.

 

L’auteur nous dévoile également comment la convergence des croyances erronées, des diffamations spéculatives et des manigances historiques contre la communauté musulmane, se concentrent systématiquement vers le camp diabolique chiite.

 

Il s’agit donc là non pas d’un soutien aveugle aux résistances sunnites radicales mais d’un essai mettant en évidence la légitimité de leurs conceptions et la cohérence de leurs actions sur la scène internationale face aux affabulations conspirationnistes dérisoires et aux fourberies des manipulateurs chiites.

 

Je souligne qu’il est particulièrement très dommageable que notre structure idéologique dans le monde francophone manque cruellement de personnalités intellectuelles capables de faire front de manière théorique aux racolages des opposants chiites, soufis extrémistes, nationaux-Européens ( ou arabe), atlanto-sionistes etc., qui eux sont souvent armés d’une grande machine médiatique persuasive capable d’imposer leurs vues rocambolesques mêmes aux plus sceptiques !

 

Je demande à Allah, Puissant et Majestueux, qu’Il récompense le frère Fatih par les plus hauts degrés du Paradis et qu’il fasse de son oeuvre une lumière irréfutable pour les partisans et une épine douloureuse dans la gorge de nos opposants. (amine)

Abû Ismâ’îl al-Hindî

 

INTRODUCTION

Nous assistons depuis quelques temps sur internet, et même en dehors, à un phénomène des plus étranges. Il semble que de plus en plus de personnes, musulmanes ou non, défendent la thèse de la conspiration en ce qui concerne les attentats du 11 Septembre 2001 et partant de là, discréditent complètement les mouvements de résistance sunnites radicaux comme l'Organisation al-Qa'idah, l‘Etat Islamique d‘Irak et autres mouvements de la même tendance.

 

Après avoir dialogués avec plusieurs de ces personnes, nous avons pu constater qu'elles ne prêtent quasiment jamais attention aux nombreux communiqués émis par les organisations en question, qu'elles soutiennent presque toutes l'Etat Iranien, le Hizboullat et leurs alliés quasi-aveuglément, et enfin, qu'elles accusent systématiquement les sionistes d'être les commanditaires des attentats perpétrés partout dans le monde ou du moins d'être de ceux qui font le jeu du sionisme.

 

Et nous avons pu également remarquer que si quelqu'un s'aventure à attribuer les attentats du 11 septembre (ou même d'autres attentats commis uniquement sur des cibles militaires ou symboliques) à al-Qa'idah ou à d'autres groupes radicaux sunnites, il est directement taxé de sioniste ou d'agent du sionisme. C'est un phénomène tellement singulier qu'il convient de se demander d'où vient ce discrédit des mouvements islamistes radicaux sunnites couplé à une vénération de l'Iran et de ses alliés régionaux.

 

On croirait presque à une équation mathématique : soutien des radicaux sunnites + dénonciation des supercheries des mouvements chiites = suppôt des sionistes. Et cela se fait parfois de manière tellement hystérique et se diffuse tellement beaucoup que nous sommes obligés de nous interroger sur les causes et les buts de cette équation pour le moins simpliste afin de déterminer si cela est prémédité et par qui.

 

Il est important de rechercher la vérité avec des principes et des balises qui nous indiquent un chemin pour ne pas tomber dans les pièges des désinformateurs de tous bords, particulièrement en tant que Musulmans. En plus de l'aspect historique, logique et scientifique dans la recherche d'information, l'Islam accorde une grande importance à la sincérité des acteurs et des rapporteurs d'un évènement.

 

Or il n'est pas rare de voir parmi les tenants de la conspiration du 11 Septembre 2001, par exemple, des informations provenant de gens pourtant connus pour leurs mensonges et leurs bassesses en tout genre, comme nous le verrons plus loin.

 

La logique voudrait que si nous nous trouvons face à deux rapporteurs d'évènements, l'un étant réputé pour sa sincérité et son dévouement et l'autre étant entaché d'une réputation de menteur ou de trompeur, nous allons naturellement privilégier la parole de la première personne. Avec cela, nous recoupons des informations historiques et scientifiques. Il s'agit bien sûr de ne pas croire tout et n'importe quoi mais également, et c'est ce qui manque chez beaucoup de gens, de ne pas douter de tout et de n'importe quoi.

 

Ceci étant dit, nous allons tenter de montrer comment et pourquoi le mouvement chiite agit depuis très longtemps à la manière d’un groupe dissident subversif à l’intérieur de la Communauté Musulmane pour discréditer par tous les moyens possible l'image et la réputation des divers mouvements de résistance sunnite et en quoi ces mouvements sunnites radicaux sont en vérité très méconnus du grand publique.

 

Puis dans un deuxième temps nous nous pencherons sur les fameuses attaques du 11 Septembre 2001 afin de rétablir la vérité à leurs propos face à tous ces mensonges et ces thèses inventées par les complotistes.

 

Nous allons tout d'abord faire un bref rappel historique sur les conséquences de la propagation de deux mouvements chiites les plus importants à la période du Califat Abbasside et Ottoman, car rien de tel que de retourner aux racines d'un phénomène pour mieux en comprendre le sens. L'un est d'essence Ismaïlienne et l'autre Imamite. Nous ne parlerons pas des débuts du chiisme car au commencement c'était une faction qui divergeait uniquement sur un aspect politique et non dogmatique puis qui était vite retombée en désuétude après plusieurs échecs cinglants.

 

Les succès ont commencés à arriver à la fin de la période des pieux prédécesseurs, ce qui n'est pas un hasard, c'est à dire vers la fin du 9ème siècle du calendrier grégorien. C'était une époque d'affaiblissement du Califat Sunnite Abbasside et d'ouverture excessive sur les influences religieuses extérieures à l'Islam, d'où la propagation de mélanges dogmatiques très confus, qui, mêlés à de mauvaises situations sociales, ont permis l'émergence et la propagation de courants chiites ésotériques et destructeurs.

 

Il s'agit d'une part du mouvement Ismaïlien (septimain) et d'autre part du mouvement Imamite (duodécimain). Nous nous pencherons le moins possible sur la question de leurs dogmes hétérodoxes car cela a déjà été fait dans plusieurs livres et sites internet. Nous nous bornerons à leurs agissements et leurs conséquences.

 

PARTIE 1 : L’HISTOIRE DE LA SUBDIVISION CHIITE ANTI-SUNNITE

| I | Les chiites d’hier 

 

1. Les Ismaïliens :

 

A. Les Qaramites  

 

Les Ismaïliens, autrefois très prosélytes au sein du monde Musulman, ont donné naissance à plusieurs sectes dont deux marquèrent particulièrement l'histoire du monde Musulman. Parmi elles, la secte Qaramite du nom de son fondateur Hamdan Qarmat ibn al-Ach'ath. Il mit en place un courant de pensée mystico-anarchique et destructeur qui ravagea le Moyen-Orient de l'Irak à la Syrie en saccageant plusieurs villes (dont Koufa et Bassorah) et en rançonnant les marchands caravaniers.

 

Ils s'installèrent au Bahreïn où les promesses de justice sociale pourtant à l'origine de leur révolte ne furent jamais honorées et où ils appliquèrent une législation élaborée par eux en marge de la shari'ah. Ils se spécialisèrent à un moment dans le pillage et le massacre de pèlerins sunnites sur les routes conduisant à La Mecque.

 

Le comble de leur folie meurtrière fut d'ailleurs atteint avec la prise de La Mecque en 930 dont ils pillèrent et massacrèrent les habitants durant 17 jours, comblant le puits sacré de Zamzam de cadavres et volant la pierre noire de la Ka'ba (elle fut restituée vers 950 moyennant une rançon de la part du Calife Abbasside). Ils étaient également en conflit avec leurs coreligionnaires Ismaïliens Oubeydides d'Egypte dont ils avaient refusé l'Imamah dès 899 et avec lesquels ils ne partageaient pas la même doctrine.

 

Mais ils finirent finalement par se rallier à eux en faisant allégeance au Calife Oubeydide al-'Aziz. A partir de ce moment leur mouvement sanguinaire se désagrégea peu à peu puis finit par disparaître au cours du 11ème siècle, laissant place à un affreux souvenir.

 

Il semblerait que leurs textes idéologiques aient eu une influence sur la doctrine ésotérique des Templiers qui occupaient la Palestine. Ce qui expliquerait en partie les principes mystiques et destructeurs des francs-maçons, héritiers lointains des Templiers.

 

B. Les Oubeydides  

 

L'autre grand succès chiite Ismaïlien arriva avec la dynastie Ismaïlienne Oubeydide plus connue en Occident sous le nom de dynastie Fatimide. Elle dura plus longtemps et eut encore plus d'impact. Même si beaucoup de savants de l'époque avaient dénoncé son imposture notamment du fait qu'il n'apporta jamais de preuves tangibles à sa filiation prophétique, Oubeyd Allah al-Mahdi se proclama Imam descendant du Prophète Mouhammed, sallAllahou 'aleyhi wa sallam, et établi un Califat en Afrique du nord en 909, en s'appuyant sur des tribus berbères acquises à sa cause lors de leur pèlerinage à La Mecque.

A un moment, leur empire s'étendit du Maroc jusqu'à la Syrie et au Hedjaz. Mais leur but était d'usurper le trône Abbasside d'où leur abandon du Maghreb (en révolte constante contre eux) et leur établissement en Egypte à la faveur notamment de l'anarchie provoquée par la peur des Egyptiens de la menace d'une invasion Qarmate. Le règne Obeydide eut des conséquences particulièrement néfastes :

 

- L'embrasement de l'Afrique du nord dans des guerres interminables jusqu'au 11ème siècle. En effet les populations musulmanes d'Afrique du nord n'acceptaient pas d'être dirigées par une minorité qui érigeait l'insulte des meilleurs compagnons du Prophète au rang d'adoration (entre autres hérésies blasphématoires de la secte ismaïlienne sur lesquelles nous ne nous étendrons pas), d'où les nombreuses révoltes comme celles d'Abou Yazid au 10ème siècle ou de Mou'izz Ibn Badis au 11ème siècle.

 

De plus la création non pas d'un simple Emirat mais d'un Califat concurrent d'un autre déjà existant et valide (en l'occurrence celui des Abbassides) ne put être considéré que comme une grave sédition et une volonté de division de la nation Islamique. D'ailleurs en conséquence, les émirs sunnites Omeyyades d'Andalousie, coupés de l'Orient, furent à leur tour contraint de proclamer un Califat en 929 pour se protéger des ambitions chiites.

 

- L'extrémisme dans le traitement des minorités Juives et Chrétiennes et de la majorité sunnite oscillant entre tolérance de circonstance et persécution illégitime. Car les Juifs à l'époque Oubeydide n'avaient jamais été aussi choyés et prospères au détriment des Musulmans au point que certains savants de l'époque se demandaient si la dynastie elle-même n'était pas d'origine Juive.

 

L'accès de Chrétiens et de Juifs aux hautes sphères de l'administration provoqua des troubles sociaux parmi les gens et les savants d'Egypte qui rappelaient à juste titre l'interdiction dans la Loi Islamique pour les Musulmans d'être dirigés par des non-Musulmans dans leurs propres pays (il y eut notamment un vizir Juif et un vizir Chrétien sous les Oubeydides).

 

Les Obeydides envoyèrent surtout des prêcheurs à l'extérieur de leurs dépendances territoriales et n’effectuèrent que quelques changements de la Shari’ah (ce qui fut d’ailleurs dénoncé par certains savants comme le renommé Qadi ‘Iyad qui émis même une fatwa selon laquelle tout savant qui donnait secours au règne Oubedydide de leur plein gré était sortis du giron de l’Islam). Cette hésitation dans l’application pleine et entière de leur dogme, pour le moins hétérodoxe, révéla l'échec des Oubeydides car les chiites attendaient ce fameux règne de justice et de paix sensé être instauré par le Mahdi.

 

Cependant il y eut une exception sous le règne du fameux Calife Oubeydide al-Hakim (surnommé le « Calife fou ») qui accéda au trône vers l'an 1000, tenta de remplacer complètement la shari'ah par l'Ismaïlisme et qui se mit soudainement à persécuter les Chrétiens, censés être sous protection musulmane, allant même jusqu'à détruire l'Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem, ce qui fut un facteur déclencheur de la première Croisade.

 

Ce fut la seule fois où un dirigeant Oubeydide ne pratiqua plus la dissimulation (taqyah) et appliqua pleinement sa doctrine. Le résultat n’en fut que plus révélateur.

 

- La prise de la Palestine par les Chrétiens. Tout d'abord par l'installation des premiers comptoirs commerciaux Chrétiens permanents notamment en Egypte. Cette politique d'attirance des commerçants Occidentaux au coeur du monde Musulman a été la lointaine origine de la dépendance économique de l'Egypte à l'Occident à l'époque contemporaine.

 

D'autre part, les avantages concédés à ces cités marchandes Italiennes à travers les comptoirs s'amplifieront dans les siècles suivant avec pour conséquences l'augmentation des connaissances géographiques et l'habileté de navigation des cités Italiennes qui purent ainsi faire facilement traverser les Croisés en méditerranée.

 

Et lorsque ces derniers arrivèrent et mirent le siège en 1098 devant la ville Syrienne d'Antioche contre le Sultan sunnite Seldjoukide qui avait fait allégeance au Califat Abbasside de Baghdâd, non seulement les Obeydides en profitèrent pour reprendre aux sunnites la Syrie méridionale avec Jérusalem (qu'ils contrôlaient auparavant), mais ils proposèrent même leur aide aux Croisés contre les Seldjoukides (certains affirment même que la prise d'Antioche aurait été négociée entre les Oubeydides et les Croisés). Malgré cette alliance perfide, les Croisés rejetèrent leur aide et leur prirent Jérusalem en 1099 presque sans difficulté.

Leur lutte sporadique contre les Croisés et contre les Byzantins se présentait davantage comme une lutte pour la préservation de leur espace territoriale que comme une lutte pour la libération des lieux saints. Ils firent d’ailleurs plusieurs fois appel tantôt aux Croisés et tantôt aux émirs sunnites pour régler leur problème de succession au vizirat en Egypte.

 

Le roi croisé Amaury 1er, voyant cette faiblesse, annexa plusieurs villes du Delta de l'Egypte. S'en était trop pour les Egyptiens qui se soulevèrent enfin et auxquels le puissant émir sunnite Shirkouh vint prêter main forte pour déloger les Croisés. Shirkouh détrôna Shawar le dernier vizir Ismaïlien Oubeydide.

 

Mais il mourut peu après en 1169 laissant sa place à son neveu, Salah ed-Din (Saladin) qui détruisit définitivement le Califat néfaste des Oubeydide Ismaïlien en tuant Shawar et en restaurant le sunnisme en Egypte. A la faveur de leur chute, le dogme Islamique orthodoxe reprit sa place dans tout le Moyen Orient et le Jihad unifié contre les Croisés reprit vigoureusement et victorieusement.

 

- L'émergence de courants chiites ismaïliens encore plus anti-Islamique qu'eux-mêmes ne l'étaient déjà, comme les Druzes. En effet lorsque le « Calife fou » Hakim fut proclamé (et se proclama lui-même) dernière incarnation divine dès 1017 et après sa mystérieuse disparition en 1021, son vizir Persan Ismaïlien Mohammed ad-Darazi (d'où le nom de « druze ») rassembla ses partisans et ils se mirent à le prendre comme une divinité occultée en attendant son retour en tant que Messie.

 

On trouve leurs descendants de nos jours surtout au Liban où la France (fidèle à sa politique de « diviser pour mieux régner » et de mise en avant des minorités pro-occidentales) avait essayé de leur donner un Etat à part entière durant son mandat, prélude aux violences qui s'en suivront.

 

L‘émergence également d‘une autre secte engendrée par les Oubeydides, les Nizarites (1).

A la mort du Calife Oubeydide Moustansir Billah en 1094, il y eut une scission chez les Ismaïliens. Ce dernier avait désigné son fils Nizar pour lui succéder mais c'est son autre fils Ahmed qui prit la succession du Califat chiite. C'est à ce moment que les ismaéliens de Perse menés par leur chef Hassan Ibn Sabbah, qui était un érudit ismaélien des Oubeydides, firent allégeance à Nizar. Celui-ci fut tué par son rival mais ses descendants furent protégés et pris en charge par Hassan Ibn Sabbah et ses successeurs.

 

Les Nizarites développèrent un réseau à travers le Moyen-Orient avec la forteresse d'Alamût en Iran comme centre névralgique. Ils prêchèrent une doctrine ésotérique hérétique et perverse et tentèrent sans arrêt de semer le trouble et l'anarchie en Perse et en Syrie contre les différentes autorités Islamiques sunnites en assassinant leurs chefs et leurs commandants qui tentaient de les arrêter. Ils se considéraient en période de dissimulation et mentaient souvent pour cacher leur croyance afin de ne pas éveiller les soupçons.

 

Comme les Oubeydides, ils continuèrent à appliquer la shari'ah (le "Zahir") en attendant que le Messie arrive pour appliquer la législation divine cachée (le "Batin", en réalité simple abrogation des interdits et des obligations divines afin de jouir sur terre de tous les plaisirs mondains). Ce qui arriva selon eux avec le règne de Hassan II qui proclama la "grande résurrection" en 1164 c'est à dire la promulgation de la législation cachée et donc l’obligation de jouir de tous les désirs mondains.

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(1) De nos jours, beaucoup de gens lorsqu'ils parlent d'al-Qa'idah, en font une fausse analogie avec la secte Nizarite, plus connue sous le nom de « secte des Assassins ». Alors que la comparaison est absurde pour plusieurs raisons : Nonobstant le fait qu'al-Qa'idah soit sunnite et que les "Assassins" étaient chiites avec les énormes différences d’objectifs inhérents à leurs deux dogmes antinomiques , comme nous le verrons plus loin, il se trouve que les Nizarites étaient une secte marginale coupée de la nation Islamique et qui a théorisé un dogme bien précis alors qu'al-Qa'idah n'a jamais écrit de textes dogmatiques marginaux et rassemble plusieurs groupes Islamiques différents au sein d'une organisation purement militaire.

 

Ils n'hésitèrent pas à s'allier aux Croisés et en particulier avec les Templiers, pour lutter contre les sunnites à de nombreuses reprises (ils auraient même tenté d’assassiner Salah ed-Din). Cependant, ils ne purent pas résister aux Mongols qui mirent d'ailleurs fin à leur règne ténébreux au milieu du 13ème siècle. Leurs descendants subsistent aujourd'hui sous la férule du folklorique Aga Khan littéralement divinisé par ses adeptes et très choyé par les Occidentaux.

 

Le peu de conséquences positives du règne Oubeydide d'un point de vue Islamique furent dans les aspects plus ou moins marginaux de la culture (architecture, littérature etc.) et du développement commercial (et encore ce fut grâce au rôle débordant qu'y avaient les minorités Juives et Chrétiennes).

 

La fameuse "Maison de la Sagesse" établie par le Calife fou « al-Hakim » fut surtout un centre d'enseignement et d'élaboration de la doctrine ismaélienne (ce qui a d'ailleurs suscité légitimement beaucoup de révolte de la part des habitants sunnites du Caire) et de recherche dans les sciences hellénistiques et ésotériques interdites selon l‘orthodoxie Islamique (car introduisant et développant l'idée d'association dans la seigneurie et l'adoration divine), avec cependant une petite ouverture sur l'astronomie, les mathématiques et la médecine. Il faut aussi souligner qu'ils se désintéressèrent tellement de la Sicile, qui était devenu un pays Musulman, au point qu'elle fut perdue sous les coups des Chrétiens.

 

Il y a simplement confusion du fait que leurs méthodes de combats semblent similaires. Mais là encore il y a une nuance de taille qui est que les fameux assassinats ciblés employés par les Nizarites étaient très sacralisés et ritualisés, ils étaient initiés à une doctrine ésotérique, ils devaient prendre un certain type de couteau, ne pas établir de plan de fuite car devant mourir après leur forfait, lequel devait être commis un certain jour, ils devaient absorber certaines substances enivrantes etc. et tout cela sans aucune légitimité Islamique authentique.

 

Tandis qu'al-Qa'idah emploie tout type d'opération militaire y compris des batailles d'armées conventionnelles. En ce qui concerne la pratique des opérations martyres, elles se font selon les moyens du bord uniquement pour des raisons d'efficacité militaire à défauts d'armements équivalent à ceux de leurs ennemis, et cela sur base de preuves Islamiques savantes même s‘il y a une divergence jurisprudentielle (et non dogmatique) sur leur légitimité entre les savants.

 

2. Les Imamites :

A. Les Bouyides

 

Apparus au 9ème siècle, le premier véritable succès politique imamite fut l'établissement de la dynastie Bouyide en Irak et dans l'Iran occidental. Celle-ci fut fondée par un Perse récemment converti à l'Islam originaire du Daylam et qui se réunit avec ses frères pour mettre le Califat Abbasside sous protectorat à la faveur des difficultés financières de ce dernier qui l'avait obligé à déléguer l'ensemble de ses pouvoirs militaires à un grand émir, dont la fonction tomba finalement dans les mains du chef Bouyide.

 

C'est avec les Bouyides que le chiisme duodécimain fut introduit en Irak avec les conséquences désastreuses que l'on peut voir de nos jours.

 

La dynastie régna dans une tension constante avec le Calife Abbasside d'une part et avec la population sunnite d'autre part. Les Bouyides prirent soin comme les Oubeydides de laisser la shari'ah en place et de n'appliquer que très peu leur doctrine mystique et meurtrière. Mais lors de l'institution des commémorations de l'investiture de 'Ali et de la mort d'al-Houssayn avec des auto-flagellations extrêmement violentes (qui n'avaient en réalité aucune source authentique en Islam), il y eut tellement d'opposition de la part de la population sunnite qu'elles furent suspendue puis définitivement supprimées au début du 11ème siècle.  

Quant au Calife, seul sa faiblesse du moment l'obligeait à accepter l'occupation désobligeante des sectaires Imamites, tout en faisant preuve de résistance face à la volonté Bouyide à peine cachée de le déposer, en attendant son indépendance.

 

La situation fiscale et commerciale se détériora énormément du fait que les Bouyides entretenaient une armée daylamite qui combattait fréquemment l'ancienne armée turque du Calife qui n'avait pas déposé les armes et la puissante dynastie sunnite Samanide puis Ghaznévide à l'est.

 

Ainsi, l'octroi de terres permanentes en compensation du service de l'armée Daylamite accrut les abus sur les agriculteurs sunnites dépossédés et le fait que les Daylamites s'abstenaient de payer des impôts ne profitait pas au trésor public d'où un appauvrissement généralisé. Ajouté à cela, les guerres que se faisaient les princes Bouyides entre eux qui rendit les routes Irakiennes peu sûres et par conséquent le commerce déclinant, il est un fait que les Bouyides ont aggravé et établi un véritable pourrissement de la situation économique, politique et sociale.

 

La délivrance vint enfin avec le Calife Abbasside al-Qadir. Le pensant docile et donc manipulable, les Bouyides l'intronisèrent Calife en 991 au détriment de son cousin. C'est pour cela notamment que les sunnites d'orient Samanides, Ghaznévides puis Seldjoukides, ne lui firent allégeance que vers l'an 1000.

 

A la faveur des luttes intestines entre les princes Bouyides et du soutien des Ghaznévides sunnites, le Calife al-Qadir lança l’offensive par son refus de nommer un candidat imamite au poste de grand juge en 1004, en condamnant la doctrine ismaïlienne des Oubeydides et en proclamant officiellement le dogme sunnite authentique en 1018 en opposition au chiisme et à d'autres hérésies non-chiites (comme l'ach'arisme ou le mou'tazilisme) en retournant ainsi à l'Islam pur des pieux anciens. Après sa mort en 1031 son fils lui succédait.

 

Ce dernier, avec la médiation du célèbre savant sunnite al-Mawardi, fit appel au Sultan Seldjoukide sunnite Toghrul Beg qui avait organisé une coalition sunnite au Khorassan pour libérer la région de l'occupation chiite en repoussant notamment une attaque des Oubeydides sur Baghdad en 1054. Le Sultan entra pacifiquement dans Baghdâd, libéra le Califat de la tutelle Bouyide et fut proclamé émir et Sultan en 1058 par le Calife Abbasside.

 

L'Islam sunnite authentique fut restauré. Encore une fois l'impact quelque peu positif du règne Bouyide a eu lieu dans des sciences plutôt pauvres sur la question de la consolidation de la puissance Islamique comme l'art architectural et la littérature. Mais au regard du désastre répandu, on peut affirmer que cet apport fut vraiment insignifiant.

 

B. Les Safavides

 

C'est avec les invasions Mongoles que les imamites sont vraiment montés en importance en Iran. En premier lieu ce sont les deux vizirs chiites du dernier Calife Abbasside qui ont supervisé et conseillé le chef Mongol Hulegü dans son massacre et sa prise de Baghdâd en 1258.

 

Par la suite, les chefs Mongols de Perse ou « Ilkhanides » se sont convertis au chiisme imamite (et d'autres ont prétendus se convertir au sunnisme mais appliquaient toujours un mélange de lois chamaniques), qui prit de plus en plus d'ampleur, et ont toujours gardé une hostilité farouche à l'encontre des sunnites responsables de l'arrêt de leur invasion en Syrie.

 

Les Safavides ont été mis en place en Iran par Ismaïl 1er en 1501 en s'appuyant sur les tribus Qizilbash disciples d'un mystérieux ordre chiito-soufi ancien appelé safavieh créé vers le 14ème siècle au nord de l'Iran. Ils divinisaient leurs chefs et divinisèrent donc Ismaïl 1er qui se présenta à eux comme l'Imam caché. Concernant le règne de ce dernier, je me contenterai de citer le texte très révélateur :

 

« Article : L'Afghanistan et l'Iran à la lumière des prophéties » :  « On dit que le Shah avait menacé de punir par la mort toute opposition à ses désirs en ce qui concerne la religion. Si quelqu’un pensait que c’était une menace en l’air, il en était bientôt dissuadé. Comme les Safavides marchant sur la Perse, le Shiisme fut imposé par la pointe de l’épée. Les Sunnites récalcitrants furent traités avec brutalité. Beaucoup furent exécutés.  Mais de tels déserteurs et opportunistes sunnites [ceux qui se soumirent], tout aussi utiles et essentiels qu’ils étaient, ne pouvaient fournir l’ossature théologique et juridique pour le nouvel establishment Shiite. Personne en Perse n’aurait pu le faire. Shah Isma’il dut chercher ailleurs…Beaucoup des principaux théologiens et juristes de la période Safavide étaient d’origine "Amili", y compris la figure religieuse la plus influente de l’époque d’Isma’il, al-Karak. La fuite des ressources intellectuelles de la Perse continua. Ce n’était pas un phénomène isolé.  "Shah Isma`il et l’Etablissement du Shi`isme", Perse Médiévale : 1040-1797, pp. 112-123, David Morgan.  La population eut le choix entre la conversion au Shiisme et la mort. Tous les Savants furent tués et des hérétiques furent amenés du Liban pour créer une nouvelle espèce de chiisme connu seulement des fous des collines du Caucase et des Amili du Liban. Depuis cet événement, l’Iran qui était un centre de la civilisation Islamique devint un abîme d’obscurantisme et de ruine durant les 400 dernières années.

 

L’Iran n’a été chiite que durant les 3 derniers siècles sur ses 12 siècles d’Histoire Islamique. A cette période, les Safavides transférèrent leur capitale à Ispahan, le lieu d’où émergera le Dajjâl [l'Antéchrist]. Les Safavides réussirent si bien à contrecarrer les incursions des Ottomans en Europe que les autrichiens prièrent pour leur victoire dans les églises et que les diplomates de ce pays affirmèrent que "n’eut été le Shah [Safavide], nous serions aujourd’hui en train de lire le Coran comme ils le font en Berbérie" [Afrique du Nord].

 

A cette époque, seul un peuple pouvait présenter une alternative à cet obscurantisme. C’était une petite bande de quelques milliers d’Afghans tribaux (en majorité des Pashtouns Ghilzai) qui écrasèrent les Safavides dans une série de batailles et qui marchèrent vers leur capitale, Ispahan, qu’ils prirent en 1722.

 

Cette petite bande d’hommes tribaux sans entraînement formel pour la guerre fit ce que les Ottomans ne purent jamais réaliser, détruire l’Empire Safavide. Personne ne put défaire ces farouches guerriers tribaux, tout comme ils ne purent jamais se gouverner dans le cadre d’un état [héritage tribal].

 

Ainsi, ils s’en retournèrent dans leur désormais indépendant Afghanistan, laissant le pays entre les mains de Nader Shah et une succession d’éphémères dynasties se renversant les unes les autres, jusqu’à l’émergence des Pahlavis desquels le Shah d’Iran qui régna dans les années 70 tirait sa légitimité. »

 

Fin de citation tiré du texte « L'Afghanistan et l'Iran à la lumière des prophétise. »

 

En effet les deux ennemis principaux des Safavides étaient les Ottomans sunnites à l'ouest et les tribus sunnites à l'est composées d'Ouzbeks et d'Afghans (2). A plusieurs reprises, les Safavides firent appel aux Anglais ou aux Portugais pour attaquer les sunnites. Les Russes s'empressèrent d'attaquer les Ottomans quand ces derniers furent débarrassés de la menace safavide en 1722, sachant qu'une fois les Ottomans tranquilles sur leur frontière orientale, ils pourraient faire face à la Russie.

 

Une fois de plus, les seules avancées tangibles des imamites se fit sur l’art ostentatoire de l'architecture et de la littérature. L'Islam ne ressorti que plus affaibli après le règne tyrannique des Safavides.

 

Résumons la politique chiite à l'époque des Califats Abbassides et des Ottomans :

 

- Division de la communauté Islamique (création du Califat concurrent Oubeydide)

- Alliance avec les ennemis de l'Islam contre les sunnites (Juifs, Chrétiens, Mongols)

- Désordre économique et social

- Création de plusieurs sectes encore plus hérétiques (la déviance soufie viendrait peut-être même de l’influence ésotérique du chiisme)

- Perte de territoires Islamiques (Sicile, Palestine, Perse)

 

- Maltraitances et massacres de masse des populations sunnites

 

- Guerres perpétuelles engagées avec les Etats sunnites que ce soit par assassinat (comme les Nizarites) ou par l'emploie d'armées conventionnelles

 

- Volonté de destruction du Califat et des Emirats sunnites

 

- Attirance des ennemis de l'Islam vers le territoire Islamique

 

- Tromperie des populations Musulmanes par un art architectural et littéraire ostentatoire inutile et par le maintien de la Shari’ah dans son ensemble

 

- Développement de sciences interdites (astrologie, ésotérisme) selon l’orthodoxie Islamique.

On constate d'emblée que cette politique est une constante dans l'histoire du chiisme. A tel point qu’on pourrait presque affirmer que l’histoire interne du monde Musulman n’est que l’histoire de la lutte contre la menace chiite. C'est ce qui va nous permettre de comprendre ce qu'il en est des chiites d'aujourd'hui, représentés notamment par l'Iran et le hezboullat.  En sachant que de nos jours les Ismaéliens sont très en retrait et les Imamites duodécimains sont très actifs, nonobstant les Zaydites du Yémen qui sont tout à fait minoritaires et qui ne sont pas très éloignés du dogme authentique sunnite.  

 

Les imamites sont ainsi incarnés par l'Etat Iranien, les Irakiens du sud et les Libanais avec le parti du hezboullat et dans une moindre mesure, les Noussayrites de l'Etat syrien bien que cette secte chiite est sensée être considérée comme hérétique par leurs coreligionnaires imamites. Mais on peut raisonnablement affirmer qu'ils forment au moins une alliance de circonstance actuellement face aux sunnites et aux occidentaux.

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(2) Il est intéressant de constater que de nos jours les deux mouvements Islamiques sunnites les plus puissants d’Asie centrale sont le mouvement des Talibans d’Afghanistan et le mouvement Islamique d’Ouzbekistan, tout les deux s’opposant farouchement par le verbe et par les armes à la fois au dogme chiite et à la fois à toute présence occidentale tout en étant alliés à l’organisation d’al-Qa’idah.

| II | Les chiites d’aujourd’hui 

1. L’Iran

 

Nous allons déjà faire un petit relevé historique des activités subversives de l'Etat Iranien puis du Hezboullat libanais, afin que l'on se rende bien compte de leur véritable caractère, lequel vient en prolongement de la politique chiite historique que nous avons survolé.

 

Il convient tout d'abord de s'attarder un peu sur la révolution Iranienne afin de la démystifier, et sur le personnage de Khomeyni qui a mis en place l'Etat chiite d'Iran actuel. Mais je précise avant toute chose que nous n'avons aucune espèce de sympathie envers le régime du Shah d'Iran qui ne reste pour nous qu'un ancien régime anti-Islamique et ennemi du dogme sunnite orthodoxe. (C'est-à-dire l’Islam authentique)

 

Toute révolution a une matrice, un terreau politico-social sur lequel il prend racine pour changer la société. Concernant la révolution Iranienne de 1979, il est important de souligner que le chiisme contemporain (que les Occidentaux appellent l'Islam car ignorant volontairement ou non que le vrai Islam est étranger à cette secte ésotérique) n'a pas été le moteur premier et encore moins le seul moteur de cette révolution (d'ailleurs le principal idéologue de la révolution était Ali Shariati, un universitaire laïque et occidentalisé).

Tout comme la Turquie Kémaliste, l'Iran a subit une laïcisation et une occidentalisation de la part de ses dirigeants qui se sont succédés à la tête du pays depuis l'ingérence occidentale des 19ème et 20ème siècle qui a donné lieu notamment à la révolution constitutionnaliste nationaliste et laïque de 1906.

 

Le résultat fut que les théoriciens chiites ainsi que leur doctrine furent écartés de toute véritable décision politique pendant longtemps (ce qui allait de pair avec leur conception d'Imam caché et donc de retrait en attendant son retour), n'agissant plus qu'à la manière d'un groupe occulte influent, servant d'aiguillon au jeu politique Iranien en s'alliant parfois avec les nationalistes laïques pour contrer les ingérences occidentales ou en s'opposant à eux pour préserver les acquis chiites.

 

La mauvaise situation économique et sociale doublée d'une ingérence occidentale honnie avaient fini par exacerber le peuple Iranien et en particulier les couches les plus modestes de la société. Ce sont les partis nationalistes et socialistes qui enclenchent les premières manifestations et les premières grèves. Encadrés par les théoriciens chiites, seul groupe ayant une organisation solide et bien établie, ils finissent par chasser le dernier monarque Iranien le 16 Janvier 1979.

 

Il est assez significatif que dans l'histoire de Khomeyni et de la révolution iranienne ; les tenants de la conspiration du 11 Septembre, d'al-Qa'idah et des groupes de résistance sunnite radicaux- pourtant sensé être au courant des complots anti-Musulmans - ne voient Khomeyni que comme un saint libérateur anti impérialiste et le Shah que comme un protégé de l'Amérique et de ses alliés. Alors que la réalité est pourtant bien plus complexe et bien moins romantique.

 

En effet Khomeyni avant la révolution iranienne était peu connu en Iran même et encore moins connu à l'étranger. C'est d'abord lors du fameux renversement du nationaliste Mossadegh par la CIA en 1953, qu'il se crée un petit cercle d'adhérents à Qom et Téhéran.

 

En effet il soutint l'ayatollat Kachani lorsque ce dernier, au début partisan de la prise de pouvoir par Mossadegh, se retourna contre lui et le combattit pour son laïcisme anti-religieux en soutenant le Shah (allant ainsi dans le sens de l'Amérique furieuse de la nationalisation de la compagnie pétrolière entreprise par Mossadegh, pourtant démocratiquement élu). Selon plusieurs auteurs (alors qu’ils étaient opposés au Shah), Khomeyni aurait été l'un des principaux meneurs de ce mouvement contre Mossadegh.

 

Pour autant nous n'allons pas affirmer que c'était un agent de la CIA à la manière des spéculateurs conspirationnistes, mais il est clair qu'à ce moment précis, la CIA devait très certainement se réjouir de l'opposition des chiites à son ennemi Mossadegh et avait peut-être trouvé un allié potentiel pour sa guerre froide contre les soviétiques.

 

Par la suite, étrangement, c'est une affaire à scandale qui va mettre Khomeyni sur le devant de la scène avec l'accusation en janvier 1978 par un grand journal Iranien de l'époque, de ses origines indiennes (d’où le symbole indien khanda sur le drapeau de l’Iran), de ses tendances homosexuelles et de ses relations suspectes avec certains services spéciaux étrangers.

 

Que ces accusations soient vraies ou fausses n'a que peu d'importance. L'important est le fait que c'est à partir de ce moment que Khomeyni va recevoir le soutien de ses confrères chiites obligés de le défendre, même s'ils n'avaient qu'une sympathie toute relative pour lui, afin de préserver l'honneur du clergé chiite.

Et ainsi la révolution va être cristallisée à ce moment-là en la personne de Khomeyni, figure de l'opposition "calomniée", alors qu’il y a un an, le principal chef révolutionnaire en exil, Ali Shariati, était curieusement assassiné à Londres en 1977, vraisemblablement par les services secrets britanniques.

 

Mais le plus étrange dans l'activisme de Khomeyni reste son séjour en France. C'est là qu'il va entrer sur la scène internationale. Car après avoir mené les émeutes de 1963 contre les réformes sociales entreprises par le Shah, celui-ci le fit arrêter mais il fut libéré sous pression du clergé chiite et exilé en Turquie puis en Irak pendant 14 ans.

 

De là il mena des activités subversives à Najaf contre le régime du Shah mais après la demande de ce dernier, Saddam Hussein lui demanda de partir. Il dut à nouveau s'exiler cette fois vers la France. Il arriva à Neauphle-le-Château dans les Yvelines où il installa son quartier général à partir duquel il sera médiatisé mondialement. Des journalistes vinrent de partout l'interviewer avec respect et admiration. La France lui prépara tout ce dont il avait besoin en matière d'équipement technologique afin qu'il puisse organiser sa révolution.

 

Elle lui assura également une sécurité sans faille tout autour du château avec ses troupes d'élites. Mais elle ne fut pas seule et près de l'ayatollat vinrent s'installer la CIA et le KGB pour lui prêter main forte. L'Allemagne de l'Est lui assurait la plupart de ses transmissions radio. L'Algérie et l'OLP vinrent également se joindre à lui pour préparer le terrain de son retour en Iran.

 

Tandis qu'au même moment le président des Etats-Unis Jimmy Carter fit pression sur le Shah en l'accusant de ne pas respecter les Droits de l'Homme alors que Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, promit mensongèrement au Shah une aide militaire en cas de problème.

 

Le Shah, dupé par l'Occident, fut incapable de faire face à la situation et dut à son tour s'exiler de son pays en laissant une place triomphale à Khomeyni. Ce dernier rentra en Iran et prit la tête du pays en y installant dans un premier temps un régime chiite à tendance marxiste, pour contenter les divers groupes communistes ayant joué un rôle conséquent dans la révolution, puis « chiisa » l’Etat en écartant tous les autres groupes pour remettre les reines du pays entre les mains du clergé.

 

Car il faut bien comprendre que dans la logique chiite imamite, il ne s'agissait pas de remettre le pouvoir à Dieu Seul à travers l'application de Sa parole coranique et de la parole de son Prophète Mouhammed sallAllahou 'aleyhi wa sallam comme c'est le cas pour les mouvements radicaux sunnites. Il s'agissait et il s'agit toujours, de mettre le pouvoir entre les mains des théologiens chiites dont les ayatollat sont les seuls habilités à émettre des directives législatives, judicaires et politiques en l'absence de l'Imam caché.

 

C'est la substitution d'une gouvernance humaine par une autre semblant simplement plus proche de l'Islam mais surtout plus proche de la culture Iranienne ancestrale. D'ailleurs Khomeyni aurait lui-même envisagé de se proclamé l'Imam Mahdi ou du moins certains auraient été tenté de le proclamer ainsi mais les évènements de la prise de La Mecque en 1979 par un groupe sunnite radical qui avait proclamé un de leur chef Mahdi et qui finit en bain de sang, leur fit repenser cette stratégie.(3)

 

On peut s'interroger sur cette aide de l'Occident et de l'URSS à Khomeyni au détriment du Shah qui était pourtant acquis à leur cause. Du côté de l'URSS et de ses alliés il est évident qu'il y a eu une connivence idéologique puisque la révolution était d'abord le fait de groupes socialisants et marxisants comme nous l'avons vu. Mais du côté Américain et Européen, il semble bien qu'ils aient d’abord vu en Khomeyni un allié potentiel pour leur politique dans la région, capable de remplacer un monarque trop maladroit et ayant perdu toute crédibilité auprès de son propre peuple.

 

Or tout comme leur ancien allié Saddam Hussein, il semble que leur « favori » se soit retourné contre eux d’où certains épisodes belliqueux avec l'Occident par la suite comme la prise de l'ambassade Américaine ou l'organisation d'attentats en France suite au refus de cette dernière de continuer le programme nucléaire commencé sous le régime du Shah.

 

On perçoit également en filigrane une politique Occidentale non-officielle qui ne voit toujours pas de mal à s'entendre avec l'Iran chiite lorsque cela arrange certains intérêts et vice-versa. En particulier lorsqu'il s'agit de semer les troubles dans le monde Musulman majoritairement sunnite. Voici une liste non-exhaustive d'actions compromettantes de la part de l’Etat chiite d’Iran en connivence avec l'Occident contre les intérêts sunnites :

 

- L’affaire « Iran-Contra » ou « Irangate » : Il s’agit de la vente d’armes et de matériel de guerre des Etats-Unis et d’Israël à l’Iran, officiellement ennemi, dans les années 1980. Les raisons avancées sont multiples mais jusqu’à présent il est difficile d’en connaître les véritables objectifs car les causes sont de deux sortes selon certains : Source de financement par l’Amérique de la guérilla nicaraguayenne « Contra » anti-communiste ou bien tentative de rapprochement en échange de la libération par le Hezboullat (bras armé de l’Iran) d’otages Américains au Liban. Dans tous les cas, il se trouve que l’Iran était en difficulté car en pleine guerre avec l’Irak de Saddam Hussein et que l’Amérique et Israël lui ont permis de recevoir des armes d’autant plus utile qu’il était isolé.

 

Cette affaire a impliqué de nombreuses personnalités de l’administration Américaine et Israélienne dont Georges H. W. Bush, Robert Gates ou Shimon Peres. Et sans compter qu’il y eut des ventes d’armes et des projets de collaboration militaire entre Israël et l’Iran dès l’époque du Shah d’Iran (malgré le fait qu’auparavant le Shah avait laissé l’URSS survoler son territoire lors de la guerre de 1967, ce qui était un des facteurs pour que les Américains se débarrassent du Shah), certains affirment que les ventes ont continué entre ces deux pays, mais de manière moins importante, bien après la guerre Iran-Irak.

 

- La guerre Iran-Irak : Lorsque Saddam Hussein attaque Khomeyni en Septembre 1980, les Etats-Unis et l’URSS se déclarent officiellement neutres. Pourtant l’Occident avait en effet poussé leur pion de la région Saddam Hussein a attaqué l’Iran et dans le même temps, avait soutenu Khomeyni. Les chiites rentrent ainsi de plein pied dans le jeu Occidental en participant à un véritable carnage inutile (près d’un million de morts) entre deux pays importants du monde Musulman.

 

Car l’une des raisons qui ont déclenchées l’attaque de l’Iran par Saddam Hussein est la volonté de Khomeyni (en connivence avec l’agenda occulte chiite) de vouloir étendre sa « révolution » à tout le monde Musulman et en particulier en Irak où vivent beaucoup de chiites susceptibles de répondre favorablement à son appel (encore une fois il ne s’agit pas de soutenir un régime par rapport à un autre, en l’occurrence ici celui de Saddam Hussein qui est pour nous un régime anti-Islamique illégitime, mais de bien cerner les circonstances politiques).

 

- Le soutien à l’Amérique dans sa guerre contre les mouvements radicaux sunnites depuis le 11 Septembre plus communément appelée « guerre contre le terrorisme » : Il est très significatif que dès les attaques du 11 septembre 2001 réalisées et revendiquées par l’organisation d’al-Qa’idah (comme nous le verrons plus loin), les dirigeants Iraniens aient présentés leurs condoléances à l’Amérique (un groupe de jeunes Iraniens, qui sont connus pour leur américanophilie malgré une « éducation chiite » stricte, ont même été autorisés à se rassembler pour la commémoration des « victimes » de l’attentat).

 

A partir de ce moment, l’Iran a toujours combattu tous les mouvements sunnites radicaux en lutte contre l’Occident, participant ainsi à sa façon à la « guerre contre le terrorisme » prônée par l’Amérique et ses alliés. Cet aspect se reflète particulièrement en Afghanistan et en Irak.

Concernant l’attitude de l’Iran vis-à-vis de ces deux pays, analysons les propos de certaines personnalités iraniennes de l’époque lors d‘une interview pour une chaîne de télévision : l’ex président de l’Iran, l’Ayatoullat Khatami :

 

« Les Taliban voyaient l’Iran comme un ennemi. Ils rejetaient notre forme d’Islam. Avoir les Taliban sur notre frontière était une sérieuse menace pour l’Iran. Les Talibans étaient notre ennemi. L’Amérique pensait que les Talibans étaient aussi leur ennemi. S’ils faisaient tomber les Talibans, cela servirait les intérêts de l’Iran. Ils [les Américains] ne se sont pas toujours opposés à Saddam. Saddam était notre ennemi. Nous voulions le détruire. Je lui ai dis : -Laissons l’expérience afghane se répéter en Irak. Laissons faire le six plus six. Ce sont les six pays entourant l’Irak : L’Amérique, les autres membres du conseil de sécurité, plus l’Egypte.- »

Mouhammed Ali Abtahi ex-vice président de l‘Iran : « C’était le premier effort majeur de l’Iran pour aider les Etats-Unis à renverser les Talibans et al-Qa’idah. Sans l’aide de l’Iran cela aurait été impossible. »

 

Mohsen Aminzadeh, sous-ministre des affaires étrangères de l’Iran : « Pour nous, le futur de l’Irak n’était pas moins important que celui de l’Afghanistan. Beaucoup de personnalités irakiennes importantes étaient exilés en Iran. Ils seront des leaders Irak

iens. »

 

En Afghanistan : Lorsque l’Emirat Taliban était en place, l’Iran et les chiites de l’ethnie Hazara n’avaient aucun droit de regard sur la politique du pays. Mais dès que les Américains ont envahi le pays, l’Iran pouvait enfin s'ingérer et inciter les Hazara à former une milice pour revendiquer leur « droit chiite » en s’appuyant sur le mouvement chiite Hazara de Mohammad Assef Mohseni, datant de la guerre contre les Soviétiques.

 

Avec le financement d’écoles chiites et de leurs enseignants (parfois venus d’Iran), de mollah pro-Iranien, d’une chaîne de télévision diffusant en Persan et de la mise en place d’une propagande présentant comme seul modèle de lutte anti-Occidentale le mouvement chiite libanais Hezboullat, la subversion chiite Iranienne en Afghanistan est bien implantée.

 

D’autant plus qu’avec le ralliement de l’ancien chef de guerre Rabbani anti-Taliban à la cause des chiites d’Afghanistan (il aurait participé à l’atroce commémoration chiite d’Achoura de 2008), l’Iran tient un pion efficace pour attirer tous les mécontents de la politique de la marionnette Américaine Karzaï. L’Iran joue ainsi sur les deux tableaux : contre les Taliban radicaux sunnites en appuyant l’administration fantoche par l’intermédiaire du parti de Mohseni ami de Karzaï.

 

Et contre l’Amérique et ses alliés en appuyant le parti de Rabbani le « front patriotique » anti-occidental qui tient régulièrement des réunions fustigeant la présence de l’OTAN (mais en réalité qui inquiète très peu ce dernier) et essayant de canaliser les déçus de « l’Amérikarzaï ».

 

On peut cependant remarquer qu’avec les victoires indiscutables des Talibans sur l’OTAN, les adeptes du dénigrement des organisations radicales sunnites semblent admettre du bout des lèvres l’existence d’une résistance authentiquement sunnite et Islamique en Afghanistan.

Bien que cette admission soit encore voilée d’un certain dénie en parlant de résistance « nationale », « paysanne » ou « tribale » malgré les nombreux communiqués de l’Emirat Islamique d’Afghanistan qui proclame haut et fort que leur combat est d’abord un combat Islamique pour instaurer un Etat Islamique avec l’aide et le soutien d’autres organisations Islamiques sunnites radicales telles que l’organisation d’al-Qa’idah (comme nous le verrons plus bas).

 

Puis enfin avec les déclarations de Karzaï (ancien agent de la CIA) qui a avoué recevoir régulièrement de l'argent de la part de l'Etat Iranien, on se demande comment un tel Etat peut encore avoir une quelconque crédibilité de pure « résistance » à l'Amérique en finançant le prototype même du valet américain qu'est Karzaï.

 

En Irak : Avant l'arrivée des Américains en 2003, les chiites n'avaient plus eu la prééminence en Irak depuis l’usurpation Bouyide et l'intermède Safavide sanglant comme nous l'avons vu plus haut. Cependant ils ont toujours continué à subir l'influence de leur puissant voisin chiite iranien.

 

Nous avons également vu que Khomeyni y avait séjourné avant d’être expulsé pour rejoindre son refuge français. Mais le clergé chiite occulte attendait patiemment l'heure de la révolte anti sunnite tant espérée à partir des deux plus grands centres de contestation chiite que sont Karbala et Najaf.

 

C'est à la faveur de l'affaiblissement de la puissance Islamique sunnite dans les années 50 et 60 (dû à la mise en place de l'idéologie pan arabiste séculariste) qu'ils créèrent le parti al-Da’wa et le Mouvement du Message respectivement à Najaf et à Karbala. Deux mouvements qui essaimèrent partout au Moyen Orient leur traditionnelle prédication subversive envers les sunnites.

 

Après la révolution khomeyniste, l'Iran créa ses propres réseaux de subversion dont le Hezbollat au Liban et l’Assemblée suprême pour la révolution islamique en Irak (qui prit ensuite le nom d’Assemblée suprême islamique en Irak et se plaça sous l’égide de l’ayatollat Sistani suite à la chute de Saddam Hussein) dans les années 80.

 

Même si toutes ces factions étaient en relative rivalité entre elles, surtout devant l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Iran, force est de constater qu’elles ont toutes reçues un soutien plus ou moins poussé de l’Iran, surtout après l’invasion de l’Irak par les Américains en 2003 avec la création d’un Etat ouvertement chiite et pro-américain dirigé par Nouri al-Maliki (issu du parti al-Da’wa). Il a également été avéré que les hommes du mouvement chiite populaire de Moqtada Sadr ont reçu un entraînement de la part de cadres du Hezboullat pro-iranien ainsi que des livraisons d’armes de l‘Iran.

 

Or la rébellion de la milice de Sadr, l’armée du Mahdi (crée en 2003), seule milice chiite à s’être véritablement opposée militairement à l’invasion américaine, avait déposé les armes dès 2008 suite à un accord avec les Américains. Par contre, elle n’a jamais cessé de s’illustrer dans les massacres de populations sunnites comme l’ont rapporté plusieurs observateurs sunnites locaux, en connivence avec les forces de sécurité de l’Etat irakien chiite pro américain (des quartiers sunnites étaient désertés par les forces de sécurité du gouvernement pour que les « escadrons de la mort » puissent effectuer leurs massacres).

 

Massacres également perpétrés par la milice Badr, branche armée de l’Assemblée suprême islamique en Irak de Sistani. Ainsi en Irak nous pouvons raisonnablement affirmer que le projet iranien suit en droite ligne les projets chiites historiques précédents à savoir :

 

- Se servir de l’occupant non-musulman fut-il aussi vil que les Etats-Unis, en noyautant l’Etat qu’ils ont mis en place (les sunnites qui tente de jouer la mascarade démocratique en participant à cet Etat n’y ont que peu de place et peu d’influence) avec leur opportunisme légendaire, pour éliminer toute velléité de puissance sunnite en terrorisant les populations sunnites civiles et en discréditant la résistance sunnite par des explosions meurtrières.

 

Car parmi les nombreuses attaques à la bombe, même si certaines ciblaient clairement les forces américaines et leurs alliés du gouvernement irakien chiite de ’Allaoui puis de Maliki tout en étant revendiquées par les groupes Islamiques sunnites, d’autres étaient fomentés contre des cibles civiles innocentes sans être revendiqué par aucun groupe armé sunnite (détail qui empêche malheureusement rarement les médias de les attribuer systématiquement aux groupes armés sunnites et notamment à l‘organisation al-Qa‘idah).

 

Or lorsque ce n’était pas le fait d’un service secret d’un pays tiers (Amérique, Israël, Arabie saoudite etc. dans le même objectif de dénigrement des groupes armés radicaux sunnites), il arrivait que ce fut souvent le fait de milice chiite voir de l’Etat iranien lui-même (4).

 

Une logique chiite diamétralement opposée aux sunnites d’Irak dont l’objectif premier était de repousser l’envahisseur américain pour instaurer un ordre législatif Islamique en Irak mais qui ont vite été obligé d’ouvrir un front plus important contre les milices chiites, les soldats de l’Etat issue de l’occupation et des groupes se réclamant du sunnisme, mais en réalité acheté par les américains (les fameux « conseils du réveil »), pour protéger les civils et le dogme sunnite authentique.

 

Des objectifs toujours d’actualité avec la création de l’Etat Islamique d’Irak par divers groupes armés sunnite dont l’organisation al-Qa’idah. La lutte en Irak se présente désormais plus comme une lutte entre l’Iran à travers des milices chiites avec un Etat qui lui sont directement ou indirectement inféodés et les combattants sunnites radicaux qui tente de s’organiser pour rétablir l’unité et l’authenticité de l’orthodoxie sunnite à travers deux groupes principaux que sont l’Etat Islamique d’Irak et le groupe Ansar al-Islam.(5)

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3) Ce fut également à ce moment que pour la première fois les chiites lancèrent une fausse rumeur pour discréditer des militants sunnites car Khomeyni lança l’accusation selon laquelle la prise de la Mecque serait un coup monté par les Etats-Unis. Quant à l’Arabie Saoudite elle fit carrément répandre la rumeur selon laquelle le groupe étaient des chiites (ce que beaucoup de Musulmans croient encore de nos jours) pour occulter toute dissidence qui couverait en son sein.

En réalité il s’agissait d’un groupe d’étudiants en théologie Islamique qui étaient excédés par l’occidentalisation à marche forcée qu’entreprenait le régime saoudien et qui avaient réellement cru que leur compagnon Mouhammed Ibn ‘Abdoullah était le Mahdi attendu dans l’eschatologie musulmane. Beaucoup d’entre eux partirent ensuite combattre les Soviétiques en Afghanistan d’où émergèrent différentes organisations sunnites radicales dont al-Qa’idah.

(4) A ce sujet un sunnite du nom de ‘Abdel Khaliq al-Mouhajir a fait une excellente analyse de la situation dans un document intitulé « Les attentats contre les marchés chiites à Bagdad Une étude sur la collaboration entre les Croisés et les Shiites Rawafidh. »

(5) Ce groupe créé en 2001 de la même tendance idéologique que l’organisation al-Qa’idah, n’avait aucun lien avec le régime de Saddam Hussein contrairement à ce qu’en a dit la propagande américaine qui a essayé d’établir un lien entre Saddam Hussein et al-Qa’idah pour justifier l‘invasion. Au contraire il s’opposait même totalement à Saddam Hussein.

Mais contrairement aux groupes chiites, il fut pris pour cible par l’armée américaine dès les débuts de l’invasion en 2003 en raison de la réputation d’intransigeance de son dogme sunnite authentique (propre à tous les groupes et mouvements de cette tendance qui essaient véritablement de s‘y conformer) qui ne laisse pas de place au pragmatisme politique de type chiite. Son premier chef, le Moullah Krekar, fut expulsé par l’Iran en Hollande où il fut arrêté puis déporté en Norvège en Janvier 2003.  Depuis lors, les autorités et la justice locale ont longtemps tergiversé sur son extradition en Irak au vu de la situation chaotique du pays suite à l’invasion américaine. En 2007 la cour suprême de Norvège a finalement déclaré qu’il était une menace pour la sécurité nationale et certains politiciens ont réclamé son incarcération en attendant une éventuelle déportation en Irak lorsque la sécurité sera plus sûre. Cependant, le Moullah Krekar a toujours affirmé son soutien à Oussama Ben Laden et à Abou Mouss’ab al-Zarqaoui devenu entre-temps le nouveau chef de son ancien groupe. A noté que la CIA et la Navy Seal US ont tenté à plusieurs reprise de le capturer sur le territoire norvégien mais selon les services de renseignement norvégien et plusieurs journaux norvégiens, l’opération aurait été annulée.

 

 

Suite :


LES MOUDJAHIDIN (104) :

Le dévoilement du conspirationnisme et de l'alternative chiite 2/3 (Alistiqlal&Theunjustmedia)

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  • : LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ILLUMINATI / DEPUIS JANVIER 2010
  • LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ILLUMINATI / DEPUIS JANVIER 2010
  • : RIBAAT: Derrière la Démocratie se cache les lieutenants Sataniques/lucifériens Illuminati et Franc-maçons des hauts degrés. Cependant un chef CACHE donne les ordres : LES JÉSUITES/JUIFS NOACHIDES AU VATICAN A ROME ! Ces derniers veulent illusoirement conquérir le monde sous le vocal d’un Nouvel ordre mondial ; c'est-à-dire un monde sans foi ni loi en Allah notre Créateur !
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