DEPUIS JANVIER 2010 LES MOUDJAHIDIN (105) : La théorie du complot : du doute exacerbé au déni de réalité (Ansar al-Haqq Publication) - Jésuites/Juifs noachides, Illuminati, Franc-maçons, Satanisme
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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 22:27

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux


LES MOUDJAHIDIN (105) :

La théorie du complot : du doute exacerbé au déni de réalité (Ansar al-Haqq Publication)

 LES MOUDJAHIDIN JUSQU'A LA FIN DES TEMPS 

----------o LES MOUDJAHIDIN JUSQUE LA FIN DES TEMPS o----------

Taqi ad-Dîn

Ansar al-Haqq © Publication

Décembre 2011

  

La-theorie-du-complot.jpg

 

INTRODUCTION

 

En parlant des attentats du 11 septembre 2001, l'écrivain Marc-Edouard Nabe déclara : « ce que je n’aime pas dans les thèses du complot, c’est que c’est toujours une réduction du réel à l’échelle de l’incapacité des complotistes à imaginer la réalité telle qu’elle est »1. Depuis quelque temps déjà on assiste à la parution d'écrits, non-dépourvus de qualités et de pertinences, réfutant la doctrine conspirationniste, largement répandue chez la masse mais dont la poussée idéologique décroit fortement. Dans la continuité il sera proposé, à travers cet essai, la réfutation du pilier majeur de la pensée conspirationniste, soit le lien intrinsèque entre la nébuleuse al-Qaida et les agences gouvernementales des différentes super-structures étatiques.

 

Dès son origine la « théorie du complot » jouissait d'une certaine considération intellectuelle et d'une notoriété chez les auteurs du XVIIIe siècle. Effectivement fondé sur des faits historiques, le complot inhérent à certains évènements politiques s'est avéré, dans bien des cas, corroboré par des faits, des décennies, voire des siècles, suivant sa survenance. À ce titre il a été démontré que la révolution française de 1789 était d'origine franc-maçonne, comme affirmé par Augustin Barruel, auteur des « Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme » dans lesquelles il met en exergue la participation active de la franc-maçonnerie des milieux bourgeois parisiens et des Illuminés de Bavière dans le renversement de la monarchie. Désormais fait historique qui n'a depuis fort longtemps été remis en question, la révolution de 1789 puisait sa source idéologique dans les pensées anticléricales des célèbres franc-maçons de l'époque. En outre, cet aspect n'est pas caché par les professeurs d'Histoire qui ne se lassent d'expliquer les influences dogmatiques du Grand Orient et de la Grande Loge unie d'Angleterre sur les élites parisiennes du Tiers-Etat.

 

Le conspirationnisme se distingue de la « très sérieuse » doctrine originelle du complot, en ce qu'il considère tout événement dont les faits ne sont clairement établis, comme partie intégrante d'une machination savamment orchestrée par des élites obscures. Dans cette nouvelle conception, l’ignorance d'un élément matériel établit le complot qui sera par la suite fondé par les doutes, conséquences nécessaire de l’ignorance, première donnée du problème. La jonction entre ce doute et le résultat qu'est la déclaration du complot est réalisée par l'apport continue d'autres doutes, le tout faisant l'objet d'un colmatage sémantique, afin de donner une vue plus scientifique à la chose. L'accumulation des doutes et des éléments obscures ont pour effet de bouleverser l'esprit des gens du commun ce qui rend plus aisée leur manipulation par le biais d'une schématique se voulant complexe sur la forme, mais absolument fausse dans le fond. Ce procédé permet aux théoriciens complotistes d'orienter la masse troublée par l'irrésolution desdits éléments vers un objet sur qui l'on fera peser tout le soupçon résultant de l'incompréhension de la matérialité des faits sur lesquels les conspirationnistes spéculent. Cet objet sera en quelque sorte la donnée permettant la résolution de l'équation. Il convient d'ajouter que ce mouvement se réfère à un postulat incorrect qui réside dans le rejet volontaire de toutes coïncidences, assimilable en sociologie à l’omission de la fréquence de base 2 qui est une notion expliquant l'oubli de considérer la probabilité statistique lorsque survient un événement. En ce sens le réputé dissident Noam Chomsky affirma à l'occasion d'une interrogation portant sur le 11 septembre :

 

« D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves matérielles, peut-on vraiment devenir un expert très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ? Si oui, il faut dissoudre les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of  Technology. Si vous croyez réellement l’une ou l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez vous à des spécialistes capables de les évaluer »3.

 

Il résulte de ces constatations premières que les fondements de la pensée conspirationniste s'avèrent inopérants pour comprendre les rouages du monde moderne, qu'en outre l'étude des relations internationales englobant la compréhension des rapports de force entre Etats requiert une méthodologie fondée sur des concepts clairs desquels ressortent des analyses scientifiques pour expliciter des événements. Il y aurait tant à ajouter sur la méthodologie des « théoriciens» du conspirationnisme. Par ailleurs force est de constater que nombre de ces théories trouvent un relai médiatique, or ce serait ces médias à qui incomberaient la fonction de noyer ledit complot dans une masse de problème sans intérêts. En réalité les médias, notamment la toile, sont curieusement inondés de reportages à tendance conspirationnistes, le groupe de mots « 11 septembre », seul tapés dans un moteur de recherche en est la traduction la plus patente. Des hommes très médiatiques sont les portes étendards de ces conspirationnistes oppressés par le système, l'on peut citer Jean-Marie Bigard, Thierry Meyssan, ou encore l'actrice Marion Cotillard. Il n'est certes pas question dans notre propos de nier l'implication de la franc-maçonnerie judaïque ou d'autres mouvances occultes dans les problèmes majeurs du monde musulman, il doit seulement être clarifié que la théorie poussée à son extrême remet par voie de conséquence son objet.

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1) Marc-Édouard Nabe, « L'homme qui arrêta d'écrire »

2) Aussi dit : « négligence de la taille de l'échantillon »

3) Noam Chomsky, « L'ivresse du pouvoir »

 

Effectivement, Noam Chomsky dans son livre intitulé « Comprendre le pouvoir » (troisième mouvement), s'interroge sur la pertinence et l'utilité de la qualification de « complot ». Ainsi il constate qu'il s'agit d’exagérations fantasmées dans des cas, d'incompréhension d'éléments matériels dans d'autres. Il affirme ainsi :

 

« pour chaque décision de planification dans la société, des gens se réunissent et tentent d'utiliser tout le pouvoir dont ils disposent pour parvenir à un résultat – disons que ce sont des « complots ». Cela signifie que presque tout ce qui se passe dans le monde relève du «complot ». Si le conseil d'administration de General Motors se réunit pour décider quelle type de voiture ils vont fabriquer l'année suivante, c'est un complot. Toute décision commerciale ou éditoriale est un complot. Si le Département de linguistique où je travaille décide qui titulariser l'année suivante, c'est un complot . Evidemment, tout çà n'a aucun intérêt : toutes les décisions impliquent des gens. »4.

 

Chomsky fait ici référence au caractère inapproprié de la déclaration du « complot » pour des faits – certes véridiques – mais qui s’inscrivent dans des stratégies de domination qui ont toujours existé, d'autant plus que l'attribution d'une qualification particulière à un ensemble de faits pourraient avoir comme conséquence d'en occulter d’autres plus importants mais moins médiatiques. Effectivement dans l'optique complotiste extrême, l'implication de ladite qualification suppose d'une part ; une bienfaisance naturelle de l'ensemble décideur donné, et d'autre part sa parfaite maîtrise de la situation et une intégration systématique de tout tiers évoqué par ledit ensemble. C'est donc une dichotomie intellectuellement inutile que les conspirationnistes ont théorisé. En parlant de l'assassinat de Kennedy, il ajoute:

 

« Tous ces gens qui font des recherches intensives extrêmement savantes simplement pour essayer de trouver qui a parlé à qui et déterminer les contours exacts de ce prétendu complot de haut niveau – c'est complètement n'importe quoi. Dès que vous vous penchez sur les différentes théories, pas une ne tient debout, ce n'est que du vent. Reste que dans de nombreux endroits la gauche est tombée en morceaux à cause de ce genre de pures mythologies »5.

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4) Noam Chomsky, « Comprendre le Pouvoir, Troisième mouvement » p. 221

5) Noam Chomsky, op. cit, p. 224

Ainsi les adeptes de la théorie du complot (poussée à son paroxysme le plus délirant) refusent toute considération d'un fait comme tel. L'exagération conspirationniste qui fait l'objet de notre étude s'observe dans l'intégration, au sein du « complot », d'acteurs de la scène internationale absolument étrangers aux intérêts de l'oligarchie mondialiste tant dénoncée, à travers ces théories.

 

Si cette problématique méthodologique trouverait à se formuler de façon mathématique alors; A qui contrôlerait une masse M s'opposerait ouvertement à B or A serait allié de B pour une fraction de M laquelle prendrait pour allié C dont la zone d'influence serait en confrontation avec A duquel est dissocié la masse contrôlée par lui, ainsi ce C serait en guerre contre A et B; soit un raisonnement pour le moins flou dont on concède l'inapplicabilité eu égard aux alliances assumées de C sur une opération X, conjointement avec A, et ce, contre B.

 

L'analyse la plus juste et la plus claire qui transparait de toute étude sérieuse et dont l’unanimité est certaine chez les politologues et théoriciens est celle selon laquelle; A est effectivement en guerre contre B, quant à C étant en guerre contre A mais ne s'alignant totalement sur sa vision est prêt à combattre B pour des raisons d'opportunités.

 

Il sied à présent d'appliquer le principe au cas d’espèce : A est la puissance occidentale à sa tête les États-Unis d’Amérique, B son opposant le plus hostile qu'elle tente (par d'habiles truchements) d'associer à elle pour réduire son influence, est constitué par les groupes jihadistes, emmenés par la nébuleuse al-Qaida, enfin C représente l'axe Irano-Vénézuélien : une alliance gaucho-fasciste. Ces protagonistes principaux exercent chacun leur influence selon leur capacité, sur les populations, les instances et les différents États. Il sera ainsi sujet dans cet essai de démontrer par une analyse historico-politique et géostratégique que l'assimilation du groupe B, au groupe A est une escroquerie intellectuelle propagandiste et principale arme idéologique de C.

 

De cette brève introduction se dégagent deux axes par lesquels nous pouvons parcourir la matière : celui de la machination américaine contre le salafisme-jihadiste, avant-garde combattante de l'orthodoxie sunnite (partie I) et celui du jeu d'influence et d'expansionnisme opposant l'Iran aux mouvements salafistes jihadistes (partie II)

 

I. La machination américaine contre le salafisme-jihadiste, avant-garde combattante de l'orthodoxie sunnite

 

Outre la diabolisation récurrente dont font l'objet les « ténors de l'islamisme » et ce, pour faciliter la lutte contre ces derniers aussi bien sur le plan idéologique que dogmatique, les musulmans de la nébuleuse al-Qaida et consorts sont les sujets actifs de la plus grande traque que le monde ait connu au cours des deux derniers siècles. Aussi bien au niveau étatique, intra et inter, que mondial et international, ces hommes sont pourchassés, capturés et éliminés. Dans une logique de destruction qui n'a pas de pareil, les Etats de la planète font la traque de ces séparatistes révolutionnaires. Les moyens employés par Le Pouvoir sont colossaux et traduisent, par ailleurs, un degré de méfiance élevé à l'égard des objectifs des organisations islamiques de combat. Effectivement le danger que représentent ces dernières et l’accroissement de leur légitimité partout dans le monde jusqu'aux territoires occidentaux, remettent en cause la domination et les intérêts de l'Empire américain. C'est ainsi, dans une croisade sans merci à laquelle s'est livré L'occident, gouvernants et gouvernés, pour annihiler leurs finalités. Sur la base des sources officielles et officieuses telles que rapportées par les

américains eux-mêmes, et le théoricien d'al-Qaida, le docteur Ayman al-Zawahiri, nous nous proposerons d'exposer une successions de faits et d'analyses que les adeptes du « complot » connaissent mais feignent d'ignorer. L'historicité de ces faits sera exposée ci-après, suivant une progression chronologique : de l'été 1997 à l'année 2000, puis de cette dernière date au 10 septembre 2001.

 

A. Historique des agressions atlantiques contre les sunnites : entre l'été 1997 et novembre 2000

 

Cette période montre un aperçu des efforts fournis par les Etats-Unis pour mettre un terme aux agissements de la nébuleuse, elle traduit en outre une incertitude aberrante quant aux modes opératoires adoptés et employés effectivement pour parvenir à l'objectif dit. Les hésitations de l'hyper-puissance américaine sont palpables et trouvent leur source dans l'incompréhension, par les services de renseignements américains, de la structure « al-Qaida ». Voilà qui porte à mal le fond de tableau de la toile conspirationniste, qui dépeint une Amérique omnisciente et omnipotente.

 

La CIA prépara plusieurs manœuvres : capture et assassinat, à l'encontre du chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden. Ainsi, de l'automne 1997 à juin 1998, elle tenta par deux fois de le capturer par le biais d'agent locaux recrutés au sein des tribus pachtounes. Une première opération se déroula lors de son déplacement à Kandahar vers un camp situé à l'extérieur de la ville, elle échoua et fut suivie d'une seconde opération reposant sur une attaque d’agents locaux contre la maison de l'intéressé pour le capturer et le transférer dans un pays arabe. En vain, le plan fut avorté par crainte de tuer l'intéressé ne parvenant ainsi à l'objectif initial 6.

 

Ce fait est rapporté dans le « 9/11 Commission report ». Ces plans figurent en outre dans les mémos de la CIA « DCI talking points regarding opérations againts Usama Bin Laden ». Ces offensives concordent par ailleurs avec l'annonce, en février 1998, du Front islamique mondial pour le jihad contre les juifs et les croisés : déclaration signées par les cadres de l'organisation séparatiste, selon laquelle il pèserait sur tout musulman l'obligation individuelle de nuire aux intérêts de l'axe américano-sioniste. Le 20 août 1998 marque la date d'une agression américaine sur le sol de l'Etat Afghan. C'est dans la ville de Khost qu'une tentative d'assassinat cette fois visa Oussama Ben Laden. Elle se solda par la mort de 30 hommes. À la suite de ce bombardement (Infinite Reach: nom de code), plusieurs événements se produisirent: le général Shelton, qui préconisa outre l'emploi de Missile Cruise, enjoint à la planification de l'opération Infinite Resolve. De surcroit, Richard Clarke qui avait été de

nombreuses fois membres des administrations américaines successives entre 1973 et 2003, fut à l'origine du plan « Delenda »7.

 

Celui-ci trouvait son fondement dans des actions de nature diplomatique et militaire ayant pour finalités d'empêcher l'organisation al-Qaida de trouver une base (un refuge) qui lui permettrait de coordonner efficacement ses actions. Ainsi ce plan se voulait avant tout: «d'éliminer tout danger que ferait courir le réseau de Ben Laden aux américains ». L'opération débuta effectivement et fut caractérisée d'une part, par le gel des transferts de fonds vers le leader d'al-Qaida, et d'autre part par des actions militaires particulièrement bien définies en ce qu'elles consistaient en une série de frappes aériennes sur les supposés camps d'entrainement. Ce volet militaire fut par la suite abandonné en raison des craintes des hauts responsables américains sur la popularité que lesdites frappes octroyaient à Oussama Ben Laden. Le docteur al-Zawahiri rapporte qu' :

 

« au cours de la dernière semaine d'août 1998, les responsables américains se mirent à étudier la poursuite des frappes, et le président Clinton se montra enclin à lancer rapidement plusieurs frappes. Mais le problème était que le ministère de la Défense recherchait des cibles de choix » 8.

 

En outre, et dernier évènements notable après le bombardement de Khost, un plan en huit étapes présentées par le bureau du sous-secrétaire chargé des opérations spéciales, fut caractérisé par son agressivité dont on pouvait penser qu'elle fut corrélative aux craintes de la force de frappe d'al-Qaida 9.

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6) 11/09 Commission Report, p. 11 à 15

7) Ibid, p. 120

8) Ayman al-Zawahiri, « L'absolution », p. 228, édition Milelli

9) Ibid, p. 120

En juin 1999, Clinton contacta Nawaz Sharif, premier ministre pakistanais à l'époque, pour l'enjoindre de faire pression sur les Talibans afin qu'ils chassent Ben Laden de l'Etat sous peine de sanction économiques telles que, l'interruption des livraisons de pétrole et la cessation d'importation en provenance de Karachi. Après des négociations avec leurs homologues américains, le gouvernement pakistanais réussit à imposer ses vues, plutôt que des sanctions inhérentes aux échanges commerciaux, il fut décidé la constitution d'un corps d’élites au sein de l'armée pakistanaise pour capturer l'émir d'al-Qaida 10. C'est donc toute une série d'infractions que les américains ont commises, d'une part contre la souveraineté de l'Etat des Talibans par violation et ingérence, et d'autre par l'assassinat de nombreux hommes.

 

Le 7 août 1998 marque la date, les attentats contre les ambassades étasuniennes au Kenya (Nairobie) et en Tanzanie (Dar as-Salam) à la suite desquelles le président Clinton signa une notification habilitant la CIA à capturer Ben Laden et ses proches, soit de manière indirecte par le biais d'agent locaux, soit de manière directe par la coordination d'offensives 11. Ayman al-Zawahiri rapporte que :

 

« le Comité national restreint du Conseil de sécurité se réunit pour étudier le risque représenté par Ben Laden, et les généraux Shelton et Zinni (Chef d'état-major) firent d'autres propositions, après quoi les forces spéciales américaines furent prévenues qu'elles pourraient avoir à lancer un raid sur Abou Hafs al-Mouritani à Khartoum, ou Ben Laden à Kandahar »12.

 

La réunion de l'état-major US de décembre 1998 fut marquée par l’éventualité d'user à l'encontre de Ben Laden les avions AC-130 potentiellement insondables à détection radar, et permettant de larguer des obus avec une très grande précision. La décision ne fut finalement pas prise en raison de l'absence de définition claire des cibles. Georges Tenet, le sinistre directeur de la CIA, publia dans un mémoire 13 ce qui suit : « Nous sommes en guerre contre Oussama Ben Laden. Je ne veux épargner aucune possibilité ni aucun homme pour cet effort, que cela soit au sein de la CIA ou dans le milieu du renseignement » 14. Il convient d'analyser cette parole au regard du système fédéral américain.

 

En effet, il se peut que les agences gouvernementales américaines se fassent concurrence, chacune d'elle protégeant les affaires qui relèvent de sa juridiction. Cette concurrence intra-étatique fut à l'origine de la non-collaboration entre la CIA et le FBI sur l'affaire du 11 septembre, d'où le scandale qui suivit. Depuis cette date l'organisation semble évoluée, mais cela ne fait que confirmer les failles de sécurités des Etats-Unis que les complotistes nient dogmatiquement. En juillet 1999, Clinton déclara l'Etat Taliban « terroriste ». La même année le Conseil de sécurité des Nations Unis adopta la résolution 1267 qui imposa aux talibans la livraison d'Oussama Ben Laden dans un délai de 30 jours, sans quoi leur Etat ferait l'objet de sanctions économiques 15. Le numéro deux d'al-Qaida affirme qu'à la fin du mois d'octobre 2009:  « un groupe d'officier se rendit en hélicoptère dans la vallée du Panchir pour y rencontrer Massoud, premier voyage d'une série, durant lequel ce dernier sembla disposé à aider les Etats-Unis à recueillir des informations sur des activités et les lieux fréquentés par Ben Laden, mais aussi pour tenter de le capturer, si possible » 16.

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10) Ibid, p. 270

11) Ibid, p. 126

12) Al-Zawahiri, op.cit, p. 229

13) Memo CIA Tenet to Gordon and others, « Usama Bin Laden »

14) Mémo, note adressée à la CIA et autres agences gouvernementales alliées

15) http://www.un.org/french/docs/sc/1999/99s1267.htm

16) Al-Zawahiri, op.cit, p. 232

 

L'on comprend mieux ainsi pourquoi le Commandant Massoud est si loué par les occidentaux, il n'y a donc pas matière à s'étonner lorsqu'ils en viennent à le considérer comme l'incarnation de « la résistance au moyen-orient ». Pure procédé propagandiste, il n'était qu'un simple agent local au service de la CIA, obnubilé par sa haine des talibans pachtounes et sa vision ethnico-racialiste de la nation; sa collaboration avec les Etats-Unis fut entre autres, le motif avancé par al-Qaida pour son exécution, la veille des attentats du 11 septembre. Force est de constater qu'il jouit d'une considération positive chez les théoriciens du complot, sur laquelle nous reviendrons. À la suite de ces événements, le général Zinni rencontre Musharaff pour tenter de définir une stratégie susceptible de fonctionner contre le chef d'al-Qaida.

 

B. Historique des agressions atlantiques contre les sunnites : entre l'année 2000 et le 10 septembre 2001

 

Cette période, comme la précédente, est caractérisée par les hésitations de la puissance occidentale et par les efforts acharnés mis en oeuvre pour faire plier les talibans. L’année 2000 débute avec la rencontre de Karl Inderfuth, sous-secrétaire d'Etat, Michael Sheehan, spécialiste de la lutte « antiterroriste », et le général Musharraf. Ce trium vira se réunit à Islamabad, où Pervez Musharraf informa ses homologues d'un entretien avec le Mollah

Omar au cours duquel il fut convenu de faire pression sur lui, relativement au cas Ben Laden. Courant mai l'alliance entre le Commandant Massoud et Washington se confirma, l'on peut ainsi lire dans l'ouvrage d'al-Zawahiri, reprenant le rapport de la Commission sur le 11/09:

 

« En mai 2000, une délégation représentant Massoud se rendit à Washington et rencontra Richard Clark, Michael Shihan et les principaux directeurs de la CIA pour discuter de ce qui avait été convenu »17.

 

En outre, à l'été 2000, treize opérations furent choisies par les militaires américains dans le cadre d'Infinite Résolve, susmentionnée. Ainsi : « le plan visant à bombarder al-Qaida et l'Afghanistan fut mis en oeuvre, la flotte militaire en mer d'Arabie était en alerte pour frapper des objectifs en Afghanistan ».

 

Tous ces plans avec les moyens qu'ils impliquaient sur le plan logistique, et de l'arsenal échouèrent du fait que les Etats-Unis n'arrivaient à localiser les cibles. Plein de déception, Clinton dit à Shelton: « Tu sais? Ca terrifierait les types d'al-Qaida si un groupe de Ninjas noirs étaient héliportés au milieu de leurs camps! »18 suggérant une opération de type commando. Ce propos ridicule traduit bien l'incompréhension qu'avait le Président et son administration au sujet des composants de l'organisation al-Qaida, et ce fut l'une des raisons de leur insuccès. Durant le mois de septembre, les américains préparèrent leur nouvelle opération : les drones Predator survolèrent, en toute illégalité, l'espace aérien de l'Etat Afghan, dans le cadre de l'opération Afghan Eyes 19 qui avait pour but de localiser les cibles potentielles (caches d'arme, camps, chefs…).

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17) Al-Zawahiri, op.cit, p. 233

18) Ibid, p. 189

19) Ibid, p. 189-190

Durant la même période le Commandant du Centcom, Tomy Francks, confia aux chefs de l'état-major des photos dans lesquelles l'on pouvait apercevoir des bureaux et centres susceptibles d'être des lieux de travaux d'Oussama Ben Laden. Malgré la définition de ces cibles, il douta de la capacité de l'armée d'en finir avec al-Qaida, en usant des méthodes conventionnelles. Ainsi, il affirma dans une interview donnée au quotidien Al-Sharq al-Awsat:

 

« Si nous apprécions la qualité des renseignements, je n'étais pas pour autant convaincu des renseignements, je n'étais pas convaincu que nous puissions éliminer al-Qaida en Afghanistan en utilisant uniquement des missiles Cruise et des frappes aériennes. J'ai encouragé les membres du groupe d'opération de Sandy (un général) à collaborer étroitement avec le vice-amiral Willy Moore à la tête de notre marin afin d'améliorer les temps de réponse des bombardiers Tomahawk, en cas d'urgence. Si nous devions lancer une attaque contre al-Qaida, je savais que cela comporterait des opérations terrestres, il nous faudrait entrer en territoire ennemi, obtenir des informations et agir en conséquence. Mais tout raid de la part des forces d'assaut stratégiques doit être assez puissant pour battre les forces de sécurités

expérimentées et dotées d'armement lourd, entourant Oussama Ben Laden » 20.

 

Par la suite Clarke reçu Tommy Franks, pour parler des talibans et d'al-Qaida, et ils eurent cette peine récurrente inhérente à la localisation des leaders. Les drones Predator équipés de Missile Hellfire qui offraient une force de frappe redoutables furent évoqués. En réalité ce plan était dénué de toute logique, ce qui suggéra à Francks, la phrase suivante à l'adresse de son collègue: « Il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités » 21. L'ONU, sous la pression américaine, réitéra le mandat d'arrêt et interdit par la résolution 1333 toutes fournitures militaires à l'Etat des Talibans 22. Sous le mandat de Bush, il fut de surcroit proposé le projet Blue Sky reposant sur trois piliers : le renforcement du soutient à l'alliance du nord en échange d'information et d'augmentation du soutien financier pour « écraser l'armée des Talibans et contenir al-Qaida. Ces efforts ne visaient pas à chasser les talibans du pouvoir, parce que cela était considéré comme peu réaliste et que c'était trop demander à la seule CIA » 23; le deuxième pilier consistait à soutenir les Ouzbeks pour qu'ils se joignent à la croisade; enfin le troisième pilier consistait à soutenir des groupes opposés aux Talibans 24. Ce projet fut repris dans une politique généralisée intitulée, « Stratégie pour se débarrasser du réseau terroriste Al-Qaida, espoirs et réalité » et subit quelques modifications théoriques.

 

Le Docteur al-Zawahiri rapporte les faits suivants : « n°38) En décembre 2000, Bush rencontra Clinton pour discuter des menaces contre la sécurité nationale et de politique étrangère peu avant le départ du second. Clinton dit, entre autres, à Bush: « je pense que vous constaterez que Ben Laden et al-Qaida représentent le danger majeur. Ce que je regrette le plus c'est de ne pas avoir durant ma présidence pu le faire capturer, bien que j'aie essayé » 25.

___________________

20 Al-Sharq al-Awsat, Un soldat américain, sixième épisode, 20 août 2004

21 Ibid, p. 183

22 http://www.un.org/french/docs/sc/2000/res1333f.pdf

23 Al-Zawahiri, op.cit, p. 236

24 Ibid. p. 197

25 Al-Zawahiri, op.cit, p. 237

 

En 2001 Bush insista fortement auprès de Musharraf pour que ce dernier joue de ses rapports avec les Talibans pour qu'ils livrent Ben Laden. D'autres projets furent par la suite manigancés par Clark, Black, Rice et Hadley. Le plus abouti fut considéré par Rice comme « la concrétisation d'une nouvelle stratégie globale ayant recours à tous les instruments de la politique nationale pour éliminer la menace » 26. Se dessinait ainsi une opération de très grande envergure. À la suite d'une rencontre entre Rocca du ministère des affaires étrangères et le général pakistanais Mahmoud Ahmad, une réunion eut lieu le 10 septembre 2001. Les différentes agences de sécurité programmèrent un plan en trois étapes : l'envoie d'une délégation aux talibans en guise de chance ultime à la voie diplomatique, et fomenter en cas d'échec une guerre civile qui nuirait au pouvoir en place, pour en même temps constituer une coalition internationale, emmenée par les USA, pour envahir le pays. Enfin si cette possibilité n'atteignait les résultats escomptés, l'on tenterait pas le biais d'actions clandestines un coup d'Etat 27. Al-Zawahiri note à titre d'observation terminale :

 

« Cette alerte au niveau des hauts responsables américains, le 10 septembre 2001, fut la réponse à l'assassinat d'Ahmad Chah Massoud, le 9 septembre, parce que l'administration américaine y vit une déclaration de guerre de l’émirat islamique contre les intérêts américains, bien que cet assassinat fut une affaire intérieure afghane; mais pour ces grands criminels c'est une déclaration de guerre des moudjahidines » 28.

L’héroïsme de Massoud tant vanté par les occidentaux prête à réflexion. Outre les massacres et atrocités qu'il eut à son actif, existerait-il une preuve plus accablante de sa collaboration que l'indignation de l'occident à l'annonce de son assassinat ?

___________________

26 Al-Zawahiri, op.cit, p. 239

27 Ibid, p. 206

 

C. Conclusion sur les complots contre l'Etat Taliban et al-Qaida

 

Il a donc été sujet dans cette première partie d'exposer, non exhaustivement mais presque, les efforts des Etats-Unis pour détruire la menace al-Qaida. Les tentatives de déstabilisation orchestrées par l'Amérique ont été exposées sur la base des sources officielles et officieuses.

 

Leur lecture révèle ainsi que : Depuis l'été 1997, le gouvernement américain tenta à plusieurs reprises de capturer ou d'éliminer Ben Laden, comme il est rapporté dans les mémoires de la CIA, et ce, avant l'annonce du Front islamique mondial du jihad contre les juifs et les croisés, et les attentats en Afrique occidentale, qu'en outre l’Amérique s'efforce d’éliminer ou d'emprisonner quiconque lutte contre ses intérêts impériaux. De plus :

 

« l’Amérique a fait tout son possible pour assassiner ou capturer Ben Laden et dompter les Talibans afin qu'ils se transforment en gouvernement soumis comme les autres Etats qui se prétendent musulmans, et elle était prête à avoir recours à toutes sortes de violences, d'actions secrètes et criminelles pour cela » 29.

 

Notons que la raison de l'inexécution du plan américain (Infinite Resolve, Blue Sky et la politique générale) – avant le 11 septembre – trouve sa cause dans l'hésitation des dirigeants à assumer les pertes inhérentes à l'offensive dite contre al-Qaida, ce qui n'est pas sans traduire la faiblesse de la plus grande puissance contrainte par le pouvoir de l'opinion publique. Ce mécanisme est expliqué en détail par Noam Chomsky et Edward Herman dans leur ouvrage «La Fabrication du Consentement » où ils mettent en exergue la nécessité pour le Pouvoir de ne pas se mettre à dos le public ; les auteurs dévoilent les techniques de manipulations employées sur la masse en étroite collaboration avec les industries. L'on peut entre autre citer : le filtre de l'actionnariat et de l'orientation lucrative, le filtre de la régulation par la publicité, le filtre des contre-feux et des moyens de pressions, ou encore le filtre de la religion d'Etat. Ainsi l'anticommunisme qui caractérisait ce dernier, se voit de nos jours substituer par l'anti-islam (ou islamisme) et la « guerre contre le terrorisme ». Effectivement à l'instar de Reagan qui – pour désigner l'URSS – usait de l'expression « Empire du Mal », Bush parla quant à lui d' « axe du mal ».

 

Cette appréciation – selon laquelle les Etats-Unis voient leurs actions limitées – dépasse l'entendement des plus extrémistes parmi les conspirationnistes qui ne voient en l’Amérique, qu'un monstre d'intelligence, de supériorité et de force. Or cela n'est qu'un fantasme qui anime les plus passionnés d'entre ces derniers, peu portés sur l'étude des faits. Enfin il faut relever que les Etats-Unis avait décidé du plan mettant en oeuvre tout l'emploi de leur force nationale contre l'émirat des talibans, avant même le 11 septembre. Les faits qui suivirent les attentats de Manhattan ne furent évoqués compte tenu de leurs caractères récents, qu'en outre ce n'est qu'à partir de cette date que les gens apprirent véritablement l'existence du réseau d'al-Qaida. Notons à titre d'observation terminale qu'il n'a pas été fait mention des sources d'al-Qaida qui signalent outre ce qu'il vient d'être exposé, le soutient constant de l'Iran à l'alliance du Nord, et les efforts et pressions du régime chiite pour conserver la présence de cette dernière, dirigée par Massoud,  jusqu'à sa mort.

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28 Al-Zawahiri, op.cit, p. 240

29 Al-Zawahiri, op.cit, p. 241

II. Jeu d'influence et expansionnisme : salafisme- jihadiste contre chiisme contemporain et conspirationniste

 

Cette seconde partie fera mention des rapports de force entre les groupes islamiques d'obédiences sunnites et l'Iran des mollah, aussi appelé « l'Iran des mages » par les premiers en référence à l'imprégnation des doctrines païennes sur le chiisme duodécimain. L'aspect de l'inquisition perse ne fera toutefois pas l'objet de notre étude. Ainsi donc, il sera exposé, ci-après, l'alliance objective entre les Etats-Unis et l'Iran contre al-Qaida à raison d'événements particuliers aux enjeux colossaux relatifs aux échanges internationaux et, dans ce que nous appelons, les « contrats de guerre ». L'examen portera de plus sur les procédés idéologiques iraniens pour discréditer les mouvements salafiste-jihadistes, relativement aux attentats du 11 septembre 2001. Enfin la question des conspirationnistes inhérente aux mouvements anti-sionistes anarchiques sera abordée suivant leurs évolutions éventuelles et l'effectivité de leurs thèses.

 

A. L'alliance objective irano-occidentale : échanges internationaux et contrat de guerre

 

L’agrément entre les acteurs C et A 30 sous-jacent au tapage médiatique révèle outre une entente économique, un contrat de guerre dans lequel chaque partie tente de prendre le dessus sur l'autre.

 

1) Point de vue commercial : relativité des sanctions économiques et échanges commerciaux

 

Relativement aux échanges commerciaux, l'occident développe étroitement ses liens avec l'Iran, même si l'on note une baisse des échanges (import/export) entre l'Union européenne et Téhéran. Cette information fait l'objet d'une censure, et même d'une auto-censure des médias dominants concentrés à présenter le régime comme son ennemi le plus acharné. Or l'on sait que l'effectivité, des sanctions économiques qui sont imposés par la puissance A à son rival C, est très relative, qu'à noter par ailleurs qu'elles affectent aussi bien le sanctionné que le sanctionnateur.

 

Ainsi en 2007, le ministre des finances de l'Allemagne a estimé que lesdites sanctions contre l’économie iranienne s'élevées à un coût excédant les 2 milliards d’euros 31, qu'en outre la perte de parts de marché constituait un prix à payer plus lourd encore que le coût strictement financier. Laurent Maillard explique que les sanctions occidentales ont favorisé les rapports sino-iraniens. Entre 2006 et 2007, les échanges commerciaux UE - Iran ont diminué d’environ 7 % 32. Les italiens sont dans une situation tout aussi délicate, en ce sens Michel Collon affirme que « Les échanges Italo-Iraniens, qui augmentaient en 2007, ont également chuté de 6% à moins de 4 milliards d’euros en 2009. Au cours de la même année, les échanges germano-iraniens ont chuté d’un autre 5.8 %. Et si le commerce de l’UE avec l’Iran a de nouveau augmenté de 10 % environ pendant la première moitié de l’année en cours, ce fut surtout suite à l’évolution des cours du prix du pétrole et des taux de change d’une part et d’un manque de souplesse dans l’application des directives politiques d’autre part. Le gouvernement italien par exemple prétendait que les grosses compagnies italiennes avaient suspendu leurs transactions et que l’augmentation concernait surtout les petites et moyennes entreprises dont les patrons n’étaient pas liés aux engagements gouvernementaux »33.

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30 Introduction p. 3 Supra

31 Reuters, "Tough Iran Sanctions to Hit Germany Hard : Report," 24 November 2007

32 Michel Makinsky, "French Trade and Sanctions against Iran," Meria Journal, Vol. 13, No. 1, March 2009

33 http://www.michelcollon.info/Ecraser-l-Iran-l-intermediaire.html

 

Aussi l'on peut relever les propos du député socialiste européen Paolo Casaca, qui affirme, très indigné, que le vieux continent est le principal fournisseur de l'Iran. En effet 44 % des importations proviennent de l'Union européenne, elles sont par ailleurs facilitées par une fiscalité avantageuse. Les programmes de garantie à l'export allemands assure à 65% le volume totale des exportations de l'Allemagne vers l'Iran, ce dont il résulte un montant de près de 5,5 milliards d'euros de garantie à l'export. La France quant à elle totalise un milliard d'euros de garanties. Notons enfin, que les sociétés pétrolières telles que Shell, ou Total sont les cocontractants de Téhéran 34.

 

L’hostilité apparente cache des relations plus amicales, du moins financières entre Israel, les Etats-Unis 35. Dans ses rapports avec Israel, le régime de Téhéran commerce avec l'Etat Juif par le truchement de la Turquie, et par la non-mention de l'origine des marchandises selon les médias sionistes. Ainsi l'on peut lire, non sans déceler une consternation, que « selon les données recueillies par l’Association des Chambres de Commerce, 60% des importations israéliennes de marbres seraient originaires de la Turquie; l’année dernière les importations de marbres de Turquie ont totalisé 22 millions de dollars, dont une partie non négligeable provient de l’une des 500 carrières exploitées en Iran. Le plus étonnant est que 90% des carrières de marbres sont la propriété du gouvernement iranien celui-là même qui prône la destruction de l’Etat juif »36. Le New York Times, révèle quant à lui que le ministère des finances américain a octroyé 10000 autorisations de vente de produits des compagnies américaines à l'Iran dans les dix prochaines années. En effet, l'on peut citer au titre de ces firmes, Kraft Food, Pepsi, et plusieurs banques américaines. Fait encore plus révélateur du double-jeu américain, le ministère a donné l'autorisation à une société américaine chargé par le biais d'une construction de faciliter le transport du gaz de l’Iran à l’Europe, or la Maison Blanche s'y est ouvertement opposé 37!

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34 Realite-eu.org « Politique éclairée »

35 Trita Parsi, « Treacherous Alliance: The Secret Dealings of Israel, Iran, and the United States »

36 www.israel7.com « les échanges commerciaux entre Israel et ses ennemis arabes se poursuivent »

37 Alterinfo.net "L'échange commercial entre l'Iran et les Etats-Unis se poursuit" / http://almanar.com.ib/

2) Point de vue militaire : la complexité des rapports de forces entre les acteurs au Moyen-orient

 

Avec les invasions américaine de 2001 et de 2003 qui perdurent jusqu'à nos jours, le régime iranien a vu chuter deux de ses ennemis : Le Baasiste laïc Saddam Hussein, et l'Émirat islamique d'Afghanistan. Il a résulté une expansion de sa zone d'influence. En voie de devenir effectivement une puissance régionale, la zone d'influence iranienne rentre en collusion avec les intérêts américains (Acteur « A »), et sunnites (Acteur « B »).

 

L'observateur lambda serait tenté de mettre dans un seul et même sac : les talibans, le gouvernement iranien, etc. Grossièrement tous ceux qui auraient une barbe. Beaucoup seraient stupéfaits d'apprendre, par exemple, que l'émirat islamique d'Afghanistan et la République d'Iran sont ennemis. Les propos des dirigeants iraniens attestent de cette réalité. Ainsi le président Khatami évoque l'hostilité entre les deux forces sur le plan dogmatique : « Les Talibans voyaient l’Iran comme un ennemi. Ils rejetaient notre forme d’Islam. Avoir les Taliban sur notre frontière était une sérieuse menace pour l’Iran. Les Talibans étaient notre ennemi. L’Amérique pensait que les Talibans étaient aussi leur ennemi. S’ils faisaient tomber les Talibans, cela servirait les intérêts de l’Iran. Ils [les Américains] ne se sont pas toujours opposés à Saddam. Saddam était notre ennemi. Nous voulions le détruire. Je lui ai dis: Laissons l’expérience afghane se répéter en Irak. Laissons faire le six plus six. Ce sont les six pays entourant l’Irak : L’Amérique, les autres membres du conseil de sécurité, plus l’Egypte ».

L'ex vice président Mohamed Ali Abtahi a pour sa part affirmer que : « C’était le premier effort majeur de l’Iran pour aider les Etats-Unis à renverser les Talibans et al-Qa’idah. Sans l’aide de l’Iran cela aurait été impossible. » Mohsen Aminzadeh, sous-ministre des affaires étrangères mentionne : « Pour nous, le futur de l’Irak n’était pas moins important que celui de l’Afghanistan. Beaucoup de personnalités irakiennes importantes étaient exilés en Iran. Ils seront des leaders Irakiens » 38. Sous la gouvernance talibane les chiites afghans n'avaient

aucunement le droit de s'immiscer dans les affaires politiques du pays. La donne changea effectivement après la chute des talibans avec la constitution d'une milice prenant appui sur la mouvance Hazara Hezb-i-Wahdat. L'Iran soutenu activement cette dernière par le biais d'une propagande médiatico-culturelle. Le régime s’affaire de surcroit a soutenir des seigneurs de la guerre, non seulement opposés aux talibans, mais aussi au régime fantoche de Karzai dans l'ombre de l’Amérique, l'essayiste Fatih dit en ce sens : « qu’avec le ralliement de l’ancien chef de guerre Rabbani anti-Taliban, l’Iran tient un pion efficace pour attirer tous les mécontents de la politique de la marionnette Américaine Karzaï. L’Iran joue ainsi sur les deux tableaux : contre les Taliban radicaux sunnites en appuyant l’administration fantoche par l’intermédiaire du parti de Mohseni ami de Karzaï, et contre l’Amérique et ses alliés en appuyant le parti de Rabbani le « front patriotique » anti-occidental qui tient régulièrement des réunions fustigeant la présence de l’OTAN (mais en réalité qui inquiète très peu ce dernier) et essayant de canaliser les déçus de ' l’Amérikarzaï ' » 39.

 

Sous le régime du tyrannique, Saddam Hussein, l'influence des chiites en Irak était de moindre importance, eu égard à la répression dont ils faisaient l'objet. Les villes de Karbala et de Najaf étaient vues par le clergé chiite comme les foyers potentiels d'une contestation anti-sunnite généralisée. L'essayiste Fatih, explique l'affaiblissement de la prédication sunnite dans les années 50 et 60 en raison de l'instauration du panarabisme au credo laïc, qui facilita la création du parti chiite al-Da'wa et le Mouvement du Messager dans les foyers suscités. Nourri al-Maliki en est issu. Les Puissances A (Américiane) et C (Chiite) se disputent ainsi le terrain et des spécialistes avancent l'idée selon laquelle l'Irak serait déjà en phase de devenir un satellite iranien, ce qui n'est pas sans déplaire aux Etats-Unis, toutefois trop faible pour reprendre la main. L'idée que l'Iran souhaite s'accaparer le Pays des deux fleuves, est corroboré de surcroit par le financement des milices criminelles chiites, à l'oeuvre d'une successions de massacres 40. Citons en guise de précision l'auteur Fatih: « Il a également été avéré que les hommes du mouvement chiite populaire de Moqtada Sadr ont reçu un entraînement de la part de cadres du Hezboullat pro-iranien ainsi que des livraisons d’armes de l‘Iran. Or la rébellion de la milice de Sadr, « l’armée du Mahdi » (crée en 2003), seule milice chiite à s’être véritablement opposée militairement à l’invasion américaine, avait déposé les armes dès 2008 suite à un accord avec les Américains. Par contre, elle n’a jamais cessé de s’illustrer dans les massacres de populations sunnites comme l’ont rapporté plusieurs observateurs sunnites locaux, en connivence avec les forces de sécurité de l’Etat irakien chiite pro-américain (des quartiers sunnites étaient désertés par les forces de sécurité du gouvernement pour que les « escadrons de la mort » puissent effectuer leurs massacres). Massacres également perpétrés par la milice Badr, branche armée de l’Assemblée suprême islamique en Irak » 41.

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38 http://www.alistiqlal.net/ Fatih, « Le dévoilement du conspirationnisme et de l'alternative chiite » p.14

39 Fatih, op.cit, p. 15

40 Cf. l'affaire des Brigades Badr

41 http://www.alistiqlal.net/ Fatih, op.cit p. 16

 

Autre fait plus révélateur mais fort méconnu, l'occupation d'un puits pétrolier, dans le sud de

l'Irak par l'armée iranienne 42, contestée par le gouvernement fantoche : « L'Irak demande à Téhéran de retirer le groupe armé qui a occupé le puits numéro 4, qui a été foré en 1979, et d'ôter immédiatement le drapeau que ces hommes ont hissé car ce qui s'est produit aujourd'hui est une violation de sa souveraineté » 43. Il ne semble toutefois que les forces iraniennes aient entamé un quelconque processus d'extraction, mais cela pourrait effectivement changer. De surcroit les combats et la trêve qui suivirent entre le gouvernement Fantoche irakien et Jaich al-Mahdi 44 confirme l'idée d'une fragile alliance objective entre l'Iran et les Etats-Unis. L'un des leaders de la puissance B (Les Moudjahidin, Al-Qaida..), le chirurgien al-Zawahiri relevait le paradoxe de la pseudo-résistance chiite 45 en faisant remarquer les sièges que le parti de Moqtada Sadr 46 avait au parlement irakien. Autant d'incohérences dans la position des groupuscules chiites qui ne font que renforcer la thèse selon laquelle, il existerait un accord (tacite ou explicite) entre C et A, pour disqualifier B d'office. Ceci peut s'expliquer par le fait qu'il n'est pas dans les habitudes de la maison al-Qaida de négocier avec les impies, qu'en outre leurs revendications d'établissement d'un Etat Islamique sont inintelligibles pour les deux autres forces. Le raisonnement iranien se traduit dans : « Une logique chiite diamétralement opposée aux sunnites d’Irak dont l’objectif premier (des sunnites) étaient de repousser l’envahisseur américain pour instaurer un ordre législatif Islamique en Irak mais qui ont vite été obligé d’ouvrir un front plus important contre les milices chiites, les soldats de l’Etat issue de l’occupation et des groupes se réclamant du sunnisme, mais en réalité acheté par les américains (les fameux « conseils du réveil »), pour protéger les civils et le dogme sunnite authentique » 47.

 

Manifestement l'Iran ne soutient pas la résistance islamique d'Irak, puisque l'Etat chiite ne veut que s'accaparer une part du gâteau déjà coupé par les américains. Ainsi les « résistants d'Irak », formule trouble utilisée par les médias alternatifs pour nationaliser la lutte et la dépouiller de toute religiosité, ne seraient en réalité que les salafistes de l'Etat islamique d'Irak. Chose que les complotistes ne peuvent admettre. La finalité de ces acteurs indépendants qu'il sied de regrouper au sein de la nébuleuse al-Qaida, n'est autre que le départ de la coalition américaine, et l'instauration d'un Etat établi sur la charia (Loi de Allah).

 

Il a été sujet dans cette première sous-partie de synthétiser très succinctement le rôle des trois acteurs suscités, bien que certains points pouvaient donner lieu à un surcroit de développement.

 

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42 www.lepoint.fr

43 Ali al-Dabbagh, Porte parole du gouvernement à l'agence AFP

44 Puissante milice chiite

45 France 24, al-Zawahiri et la collaboration chiite

46 Chef de la milice Jaich al Mahdi

47 Fatih, op.cit, p. 16

 

B. L'arme idéologique de l'Iran et consorts : le complot du 11 septembre

 

Pour contrer l'influence de la doctrine sunnite, l'Iran procède par campagnes de propagande dont les volets peuvent se décliner, d'une part dans le soutien aux thèses conspirationnistes, et d'autre part dans le dénigrement des groupements d'obédience sunnite.

 

Comme il est su de tous, les complotistes voient en l'attentat du 11 septembre un complot judéo-maçonnique pour justifier les invasions qui suivirent au Moyen-Orient 48. Ils justifient leur prétention en affirmant qu'il y aurait eu des explosifs dans les tours, que Mohamed Atta serait ; une fois un agent de la CIA de même pour Ziad al-Jarrah et sa famille, une autre fois un homme toujours vivant, que les passagers des Boeing se cacheraient, que quatre mille juifs auraient désertés leur lieu de travail au sein du World Trade Center, que la tour 7 aurait été dynamitée, que l'explosion serait en fait une cérémonie illuminati, franc-maçonnique, kabbaliste et sataniste, qu'un missile, voire une soucoupe volante (OVNI) aurait percuté les bâtiments (quid des avions), que toute la vérité sur cette affaire serait appréhendable dans des productions hollywoodiennes telles que ; Matrix, Heroes, Terminator, et autres fantaisies auxquelles il ne convient pas de s'attarder.

 

Toutes ses prétentions initiées par l'Iran, et alimentées par les conspirationnistes occidentaux, ont été réfutées, par les témoignages des auteurs, à savoir al-Qaida, et les études des intellectuels réputés. Sayyed Hani Fahs, dignitaire chiite, a affirmé à la suite des propos d'al-Manar relatifs au complot ce qui suit : « Alors qu’il se considérait comme l’avant-garde jihadiste dans le monde arabe et islamique au niveau de la lutte contre Israël et les politiques américaines, il se rendait compte que cette grande attaque contre les Etats- Unis mettait en valeur Ben Laden et rendait son image subitement marginale dans cette lutte. En plus, quelles que soient critiques les positions sunnites vis-à-vis de Ben Laden, il peut représenter dans ces milieux une sorte de symbole et cela préoccupe le Hezbollah (chiite) parce qu’il est soucieux de sauvegarder son capital de sympathie acquis sur la scène sunnite globale après la libération du Sud » 49. Cette seule citation traduit le propos de notre essai relativement aux théories conspirationnistes intrinsèques aux intérêts iraniens.

 

L'influence d'al-Qaida après les attaques du 11/09 n'a fait que croître portant ainsi un sérieux coup aux figures charismatiques du chiisme contemporain. La riposte de ces derniers a été redoutable en ce qu'il a suffit d'une succession de doutes et de mensonges pour mettre à mal la crédibilité des sunnites radicaux d'al-Qaida. Cette manoeuvre a été dénoncée par le numéro 2 de l'organisation (Sheikh Az-Zawahiri), à l'occasion de plusieurs conférences, notamment une datant de 2008 en répondant à al-Manar : « Le but de ce mensonge est clair, [c’est de suggérer] qu’il n’y a pas de héros parmi les Sunnites qui peuvent frapper l’Amérique comme personne ne l’a jamais fait dans l’histoire.» 50

 

Farouchement opposé aux allégations sur le 11/09, (dont il convient de rappeler que l'opération englobe non seulement les offensives contre les bâtiments financiers moteurs du capitalisme sauvage, le bâtiment de guerre du Pentagone, et la structure administrative de décision de la Maison Blanche) le célèbre dissident juif Noam Chomsky a combattu les thèses ridicules de « Loosechange » et autres productions animés. Il a ainsi affirmé :

 

« Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population ouvrière des Etats-Unis. Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons pas la seule, bien entendu, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre. Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. » 51

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48 Réfuté ci-dessus : les américains prévirent déjà une attaque de grande envergure

49 Fatih, op.cit, p. 19

50 www.alistiqlal.net/ Abou 'Ismail al-Hindi, « Forsane alizza : porte étendard du ridicule et de l'ignorance », p. 15

 

L'anti-sioniste viscéral, et antisémite à raison du juif, comme il aime se décrire, le très dissident Marc-Edouard Nabe s'est fait remarquer pour sa lutte contre la propagande conspirationniste d'Alain Soral et d'autres intellectuels, il dit ainsi dans son dernier livre :

 

« Quelle faiblesse de ne jamais tenir compte d’aucun facteur psychologique, d’aucun paramètre de réalité objective et, plus grave, d’aucune logique historique ni fondement politique, de n’intégrer aucune probabilité, aucun hasard de circonstance, pas plus que la moindre métaphysique, c’est lié, éjectant toute mystique, toute spiritualité, toute la dimension transcendantale que recèle tout évènement de l’envergure du 11-Septembre… Le complot empêche de réfléchir au sens de l’événement. (…) Oui c’est une première ! Jamais un avion de ligne de 200 tonnes à 900 kilomètres heure n’avait percuté un building aussi haut (…) Le bombardier qui s’était cogné contre l’Empire State Building en 1945 n’est pas un précédent car l’immeuble, qui n’a pas vacillé, était en pierre… Il était autrement mieux construit que ces tours et soi-disant démentes de « modernité ». Encore une croyance immodérée en la force de l’Amérique qui ne pourrait pas construire d’immeubles ****… En quelques visionnages de docs bâclés, les complotistes impressionnables se transforment en spécialistes en architecture, en génie civil, en physique » 52.

 

L'auteur s'attarde de surcroit en réfutant les « calculs scientifiques » conspirationnistes qui visent à démontrer un prétendu complot. Ainsi il revient sur des détails relatifs au domaine de l'architecture des bâtiments, ainsi que de leurs structures. Egalement il relève ce

dont nous faisions état en introduction, à savoir la manie systématique des complotistes à juger l'évènement sur la base de suppositions intrinsèques à d'autres événements survenus postérieurement, raisonnement illogique et peu scientifique qui peut être formulé à travers leur question récurrente : « à qui profite le crime ? ».  Nabe s'étonne par ailleurs qu'un musulman puisse daigner trouver un intérêt à ces histoires, lui qui croit en la Toute-Puissance d'Allah (Magnifié soit-Il) :

 

« Comment un musulman pratiquant peut-il croire sur parole les thèses de journalistes athées américains alors que des musulmans pieux combattants affirment le contraire ? (…) il y a une négation de Dieu dans le complotisme. (…) Les complotistes croyants (…) se croient malins et visionnaires mais ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ... Ils veulent des faits expliqués par une enquête de police, alors qu’avec Dieu, tout est logique et sans explication » 53.

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51 Noam Chomsky, « L'ivresse de la force », www.arretsurimages.net

52 Marc-Edouard Nabe, « L'homme qui arrêta d'écrire »

53 Marc-Edouard Nabe, Ibid NDA: les citations de l'écrivain n'engagent que sa personne; sa pensée et sa philosophie ne sauraient être imputées à notre endroit.

Il rappelle enfin les déclarations de Oussama Ben Laden qui laissaient présager une opération de cette envergure, dont il souligne le génie et la parfaite exécutions sur un plan matériel. Il est à remarquer qu'un comportement raisonné aurait consisté à entreprendre des démarches

scientifiques ayant pour but la certification ou non de l'honorabilité et impartialité des soi-disant « expert » du complotisme. Il est aisé de constater que Soral, Meyssan et Kassovitz sont des lettrés sans apports scientifiques exceptionnels. Avant de se lancer dans le conspirationnisme, ce dernier était un sociologue sérieux. Cet aspect perdure relativement mais chaque jour ceux qui lui reconnaissait un certain savoir constatent la régression intellectuelle de son discours de surcroit empreint, d'un racisme évident. Influencé par le schéma abusif de lecture des relations internationales selon lequel A et B (« L'empire ») guerroie C, et le souci qu'avait l'intéressé de trouver une « vérité cachée » l'ont conduit à renier, non pas l'évidence, mais le schéma classique qui fut tenté d'exposer dans cet essai. Force est de constater qu'il tient un discours extrêmement flou sur le lien supposé entre al-Qaida et la CIA et ce, pour l'adapter à différentes situations. Le but de ce procédé étant, on l'aura compris, de masquer son ignorance manifeste sur le sujet.

 

Le courant conspirationniste est néanmoins divisé, certains adeptes sont plus extrêmes que d'autres. De surcroit une incohérence et des luttes internes se profilent au vu des derniers événements.

 

C. La fin du conspirationnisme: diversités et clivages idéologiques

 

La diversité des mouvements complotistes, cette fraction de M54, n'est pas maintenue à sa base par une idéologie ; en conséquence de quoi, une dislocation progressive du mouvement s'annonce. La question de la survie des conspirationnistes, anti-sionistes et anti-impérialistes tout azimuts se posent eu égard à la scission idéologique qui brise, en quelque sorte, le mouvement. C'est sur les évènements du printemps arabes, le nationalisme et le domaine de l'anti-sionisme que la fragile base de la logique complotiste s'est brisée.

 

Un profond malaise a gagné le milieu du « complot » lorsque les peuples arabes se sont révoltés contre les dirigeants que les complotistes jugent opposés à l’impérialisme américain, tel Khadafi ou Bachar al-Assad. L'on pouvait avec amusement et indignation lire: « Il est évident que Bachar el- Assad est un exemple pour le monde arabe, exemple de dignité, de courage, d’audace – car par son attitude, il appelle ses pairs à défendre les intérêts

de leur Nation, au lieu de la vendre au plus offrant, au lieu de s’aligner, moyennant prébendes ou honneurs, sur la ligne dictatoriale, étouffante, castratrice, de Washington. » 55

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54 M désigne, dans note thèse, la zone d'influence de « A », où se basent les complotistes, la fraction m'. Supra Intro, p. 3

55 Chavez, le panarabisme et le non-alignement

 

L'ophtalmologue, fils du Bourreau de Hama, qui tirait aveuglément sur son peuple, était donc un exemple de dignité. Des paroles outrancières, d'autant plus révoltantes lorsqu'on sait combien d'hommes, de femmes et d'enfants, sont massacrés et torturés dans les prisons syriennes. C'est dans un silence assourdissant qu'ils regardèrent les tyrans massacrer leur peuple, le panarabisme arabe sécularisé venait encore une fois de montrer sa bestialité. L'éveil populaire des peuples du tiers-monde et leurs révoltes contre leurs dirigeants apostats ont sérieusement endommagé la pensée conspirationniste, une contradiction était ainsi née, et la question que l'on posait dans le « milieu », fut « Est-ce que les dirigeants arabes anti-impérialistes sont avec le peuple ? ». La réponse était clairement négative, et l'on sait que les despotes arabes sont alliés sur bien des questions à la puissance A, qu'en outre leur non-alignement de façade est facilement contredit lorsque ces derniers en viennent à parler de « menace islamiste » pour sauver leur poste. Si ces présidents, rois et prétendus guides n'eussent véritablement incarné la résistance à l'axe américano-sioniste, a fortiori, les gens constituant leurs soutient parmi la masse occidentale n'étaient pas sur la voie dont ils se prévalaient. Dilemme : comment donc ces « Cheguevaristes » pouvaient-ils à présent soutenir des gouvernements oppresseurs ? Or c'est ce qu'ils firent effectivement, et pour ce faire, ils remirent en marche la « machine du complot ». Ainsi l'on imputa aux salafistes les troubles liés aux derniers événements.

 

Abu Ismaîl al-Hindî fait état de cette manœuvre trompeuse: « C’est ainsi que, sous couvert d’une possible intervention militaire occidentale, de manipulation hébraïque et de pillage programmé des colons US, le responsable du site la banlieue s’exprime et allié fidèle de Dieudonné et Ahmed Moualek, a ouvertement exprimé son soutien indéfectible au Colonel Kadhafi, au nom des prétextes cités plus haut et de la lutte anti-impérialiste ! Mettant donc sur le compte de la désinformation les massacres du peuple Libyen et en sourdine les aspirations légitimes des peuples musulmans à mettre fin à l’oppression étouffante de leurs dirigeants ! En revanche, il est très révélateur de constater la cible «al-Qâ’idah » habituellement rapportée par nos partisans conspirationnistes; ce que ne manque de faire le socialiste Ahmed Moualek en voulant expliquer la paranoïa de Kadhafi envers ce groupe: « Moi ce que j’entends [l'accusation envers al-Qâ'idah], si véritablement il a donné ce discours là, c’est le 11 septembre ! C’est l’Irak ! C’est les mêmes ! Al-Qâ’idah, c’est qui ?! Il ne dit pas les israéliens! Il ne dit pas les américains ! Parce qu’il sait qu’il y a des mots qu’il ne peut pas dire à son … » Le questionneur intervient en rappelant: « Mais al-Qâ’idah, c’est quand même pas les américains! » ; ce à quoi répond avec force Moualek: « Non, mais al-Qâ’idah, derrière c’est la C.I.A, c’est le Mossad, c’est toujours les mêmes ! » Le questionneur conclut enfin par ces mots (véritable slogan des milieux faussement anti-sionistes) : « Donc Ben Laden et al-Qâ’idah serviraient l’axe américano-sioniste!» 56.

 

Ce discours aberrant empreint d'approximations, de mensonges, et d'arguties fallacieuses est la traduction du niveau de réflexion des théoriciens du conspirationnisme, dont la méthode consiste le plus souvent à exalter le doute et la suspicion par l'usage d'un syllogisme bien trompeur ! Rappelons au lecteur que la jonction entre les acteurs A et B est l'une des méthodes les plus redoutables qu'utilise C pour s'affirmer en tant qu'alternative à la puissance occidentale très décrédibilisée du fait de sa « gestion » du monde. Les têtes de l’extravagance complotistes ont bien évidemment brandi la menace «salafiste wahhabites » a l’instar de leurs régimes bienaimés. C'est le cas de Taheruka Shabbaz, panafricain soufistes qui affirme, relativement à la révolte libyenne : « Il était assez étrange, avouons-le, de voir les Occidentaux applaudir des deux mains jusqu’au sang, quand au tout début la « révolte », Kadhafi libérait une centaine d’islamistes (...) l'on se souvient qu’à chaque fois que les Occidentaux ont soutenu des religieux musulmans, cela a conduit à ce qu’il y a de pire dans l’islam: le wahabisme en est la meilleure illustration » 57. Après un coma d'indifférence Hugo Chavez soutenu ouvertement Kadhafi et proposa une sorte de médiation : histoire de ne pas perdre totalement la face après avoir abandonné le peuple libyen aux forces loyalistes. Il justifia sa trahison en affirmant que lui et le dictateur libyen étaient : « unis dans un même destin, dans la même bataille contre un ennemi commun en occurrence l’hégémonie économique occidentale » 58. Et l'alternative à cette hégémonie occidentale serait un monde composé d'une multitude d'Etats nationalistes, pan-arabes, et fascistes, de soi.

 

Aujourd'hui l'on assiste à une lutte « fratricide » entre les complotistes modérés. Le nationalisme « blanc et chrétien » de Soral est rejeté par Michel Colon qui considère que tout nationalisme européen est historiquement raciste, par là il loue le nationalisme du gauchiste laïque, Chavez, seul légitime à ses yeux. Il aurait été fort intéressant, de rétorquer à chacun que le nationalisme est par essence un échec d'union humaine. Toute idéologie et tout système fondé sur l'exaltation d'un groupe ethnique, ou national ont conduit aux plus grands massacres. Or il est à constater que le respect des normes découlant de l'Islam, qui instaure l'égalité des hommes se soumettant à un Dieu Unique, à Sa loi divine révélée dans le Coran et au suivi de Son Messager, conduisit les musulmans à dominer le monde et à le pacifier.

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56 www.alistiqlal.net Al-Hindî « La tromperie des mouvements anti-impérialistes »

57 La révolution libyenne où le règne de l'illusion

58 L'express , le 23 juin 2001

L'histoire, elle, ne nous trompe pas, et les événements qui se produisirent dans le passé sont souvent les mêmes de nos jours, sous des traits différents. Bien que pouvant revêtir diverses formes le nationalisme, se caractérise essentiellement par la volonté d’imposer, à un niveau aussi large que possible, la domination d'un clan ou d'une race pour jouir de l'exercice du pouvoir au nom de la prétendue supériorité nationale. Le nationalisme ne peut fédérer les hommes en raison de son instinctivité et de sa primitivité. Au sein de la société la pensée nationaliste fomente des rivalités dans l'accession au pouvoir et dans sa dévolution. Il engendre conflit et haine chez les masses, chacune d'elle affirmant sa supériorité ethnique sur l'autre, dès lors les portes vers les guerres injustes sont grandes ouvertes. En outre, l'exaltation d'une origine au sein d'une société peut mener à diviniser cette dernière. En revanche, il découle de l'Islam un ensemble de réglementations et de prescriptions au service de l’homme, auquel il se réfère pour répondre à ces problèmes. Le lien institué par la religion islamique ne se réfère ni à la couleur, ni à la race ni au sexe, il se fonde sur un dogme, celui de l'Unicité

divine. Ainsi le lien n'est pas restreint dans un champs spatial, ou temporel, contrairement au nationalisme limité d'une part, territorialement par l'appartenance du groupe au sein des frontières, et d'autre part dans sa temporalité par la considération des nationalistes que leur idéal commun cessera à leur mort. En somme l'Islam est un système de référence et un dogme : le système et le crédo apaisant le coeur et l'esprit.

 

Sur la vision de l'anti-sionisme remarquons simplement qu'une scission se produisit récemment entre les anti-sionistes belges de Michel Collon, et les anti-sionistes Soralien. Les premiers, puisent la force de leur anti-sionisme chez l'intellectuel Noam Chomsky qui procède à une dichotomie entre le judaïsme et le sionisme ; non sans-déplaire les seconds qui se réfèrent entre autres, à Guilad Atzmon et Isral Shahak, qui soutiennent que le sionisme

est inhérent au judaïsme que de ce lien intrinsèque, le juif est forcément sioniste, et que les anti-sionistes sont des juifs atypiques souvent issus de la mouvance Naturei Karta qui ne représente même pas 1% de la communauté. Cette dernière opinion nous paraît la plus correcte et semble naturellement convenir au numéro 1 d'al-Qaida (désormais) qui affirme sur le point des dénominations :

 

« le mot croisé renvoie à celui qui a fait la croisade, et continue de la faire contre les musulmans; quant aux juifs ils sont une communauté qui a participé à la fondation de l'Etat d'Israël , et la distinction entre juifs et sioniste n'a pas de sens, parce que les juifs dans leur grande majorité soutiennent Israël, et que l'exception ne saurait constituer

la règle » 59.

 

La distinction prônée par les prétendus anti-sioniste « collonien » n'est qu'un procédé rhétorique destiné à rendre plus soluble leur discours, mais en agissant de la sorte ils créent un brouillard quant à la définition de leur adversaire, celui-ci n'étant plus identifiable, il en résulte un jeu en sa faveur rendant la confrontation inutile de leurs points de vues idéologiques. A contrario l'exposé du lien intrinsèque entre le juif talmudiste et le sioniste permet de comprendre et de cerner que la référence dogmatique au talmud est le socle idéologique de la politique sioniste, qui se dessine à travers les exactions de l'entité Israélienne en terre de Palestine. Ce schisme semble s'étendre aux différents mouvements conspirationnistes si bien que la question de l'anti-sionisme est devenue le centre de leurs préoccupations.

 

En dépit de tout cela, la mouvance reste assez bien répandue et les adhérents sont extrêmement nombreux, mais les clivages politico-religieux, et l'absence de socle idéologique, auront probablement raison de l'impact de la théorie du complot.

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59 Al-Zawahiri, op.cit, p. 225

 

CONCLUSION

 

À travers cet essai synthétique – destiné à tout public – nous avons tenté d'exposer brièvement, les contradictions et incohérences complotistes, tant sur un plan méthodologique que sur un plan factuel. Considérer les salafistes « wahhabite » comme partie intégrante d'un complot américano-sioniste relève, dans le plus souvent des cas, d'une malhonnêteté intellectuelle. Les personnes qui ont avancées cette thèse, confondent – volontairement ou non

– le régime saoudien, s’affiliant à tord au salafisme, et l'organisation jihadiste en occultant les ripostes dogmatiques, théologiques et physiques de cette dernière à l'égard des monarchies du golfe et des régimes arabes : alliés (déclarés ou non) des américains. Alain Soral se contredit de manière récurrente sur le sujet en affirmant une fois qu'al-Qaida serait un réseau de la CIA, une autre fois que l'organisation s'opposerait aux USA tout en faisant leurs intérêts ; au final un discours qui n'a ni queue ni tête. C'est donc une pensée complètement biaisée et illogique qu'il fut essayé de réfuter à travers l'énoncé des procédés américains pour détruire al-Qaida avant le 11 septembre, et le jeu d'influence précité entre les acteurs susmentionnés. Nous avons dissocié ces acteurs d'autres acteurs influents de la scène internationale au niveau économique tels que la Chine et l'Inde ; d'une part en raison de l'influence mineure de leurs idéologies respectives, et d'autre part eu égard au désintéressement relatif et circonstancié dont les deux puissances font preuves à l'égard Moyen-orient, parce que poursuivant des objectifs dans d'autres parties de la planète. Il est triste de constater que la majorité des individus puissent si facilement croire les thèses d'Alex Jones et autres monuments d'insignifiance journalistique, qu'il est d'autant plus regrettable qu'ils en viennent à rejeter toute information en raison de sa clarté. En ce sens beaucoup chercheraient-ils à échapper au « commun » pour accéder à une vérité prétendument cachée et ignorée de la masse, mais si ces derniers apprenaient que ladite « vérité » n'est que le propos du commun des gens dont ils font partis, c'est fort surpris qu'ils comprendraient qu'ils sont de facto « les manipulés » de l'Empire Américain, et de l'axe nationaliste Irano-vénézuelien.

 

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